8014191900850On dit souvent que les films a sketches sont forcément inégaux, et bien là curieusement, c'est assez homogène, tant les cinq oeuvres sont -déjà- particulièrement datées et un poil gonflantes. Lizzani évoque l'indifférence du monde moderne : une femme se fait violer sous les vitres muettes d'immeubles, les clodos dorment sur le pavé et un homme qui vient d'avoir un accident de bagnole cherche désespérément quelqu'un pour venir au secours de sa femme. Les flics arrivent et réquisitionnent la caisse d'un type qui s'avère être un bandit... Après moult tergiversations, il s'arrête enfin dans un hôpital et prend la fuite... Bon, suivant... Bertolucci atteint le summum du ridicule avec cet homme de religion (genre catholico-sectaire) sur le point de mourir : ses adeptes se lancent dans des mises en scène plus ridicules qu'un spectacle de Plamondon et on est proprement effaré. Pasolini décide, lui, de suivre la course d'un type dans la rue avec une immense fleur, genre "flower power" tu vois, le travail ben c'est po intéressant avec en surimpression des images de guerre... On se dit que c'est vraiment pas notre jour... Arrive alors le Godard : volonté de briser la structure narrative avec ce couple "témoin" de la relation d'un autre couple; des antagonismes apparaissent au sein de ce dernier sans que l'on sache vraiment pourquoi - si ce n'est que le type veut partir à Cuba, ouais pas les mêmes projets donc... Elle expose pour sa part sa bien belle nudité au soleil. Quelques plans à l'esthétisme soigné sur des parties du corps, nuque, bras, jambe, un petit discours sur le Vietnam et les Etats-Unis, sur la politique (place aux jeunes : ouais!) des réflexions sur le cinéma (hommage à Dreyer, Murnau et... Bertolucci jeune... les autres oeuvres ne sont que des films...). On retrouve bien les multiples aspirations (déconstruction narrative, le sens des images) et thèmes du Godard (difficulté du couple, couplet politique dans l'air du temps) qui prend tout son temps à nous montrer cette non-histoire. Mouais. Enfin Bellocchio conclue avec une bataille à l'université entre cocos et bourgeois qui me rappele les sempiternelles discussions oiseuses des  A.G. ; les étudiants ricanent sous cape entre deux répliques et ce pseudo mouvement contestataire lorgne plus du côté de l'amateurisme que du cinéma. Morne plaine.

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