Sans_titreBon c'est quand même au départ une commande de France-Telecom qu'ils ont d'ailleurs dû remiser par devers eux vu qu'ils ne s'en sont jamais servis... Une rupture au téléphone relayée par le satellite, la solitude de notre pauvre garagiste d'un côté, une Laurence Cote intraitable de l'autre, une Laurence que l'on retrouve plus tard avec un Jean Bouise dévoué a ses pieds. Et sinon ? Bon apparemment le film devait faire 25 minutes et ma version n'en fait que 12 (un director's cut...?) bien que j'aie semble-t-il le truc en entier... Premier mystère. Deuxième mystère : malgré les multiples références données gentiment au générique final, on a un peu du mal à le suivre, notre Jean-Luc ; il y a de biens jolies images de cascades et de volcans, un combat des éléments qui pourrait reproduire à grande échelle le tumulte d'un couple, oui, bien, d'accord... Ma pauvre réflexion s'arrête là. On ressent parfois comme une sorte de vide intersidéral devant Godard. Allô, Jean-Luc ?   (Shang - 08/04/08)


vlcsnap-425395Je ne vous serai pas d'une plus grande aide que mon dubitatif camarade, puisque ce court de JLG me laisse tout aussi pantois. Pas compris grand-chose non plus, ce qui chez Godard ne me gène pas plus que ça (je n'ai pas compris 90% de son oeuvre en gros, et c'est pourtant mon idole), mais pour celui-là je ne cache pas aussi un certain ennui. Bon, il est question de communication qui ne se fait pas, entre un couple amoureux d'abord, puis à une plus grande échelle (le satellite qui s'apparente à un Dieu, ou à un ange... mmm, pas bien saisi). Le film donne lieu à de très beaux plans abstraits dont JLG a toujours le secret, comme ce gros plan sur un cours d'eau qui finit par ressembler à une toile de Richter ; on a aussi plein de bonheur à retrouver les collisions de sons et d'images qui font la beauté de Histoire(s) du Cinéma, réalisé à la même période : Godard use et abuse de ces fameux plans parallèles montés façon épilepsie jusqu'à ce qu'ils fassent sens, et rend hommage de façon artisanale aux débuts du cinoche grâce à la vertu du montage. Il accumule des strates de sons (Dylan, Cohen, Bach, bruits divers et variés), des pistes de sens et de trames, mais nous perd en chemin dans les méandres de ses "correspondances" mystérieuses. On n'arrive pas à capter ce qu'il veut dire exactement, but finalement ultime de ce film réalisé pour France Telecom : pointer la faillite de la communication moderne. En tout cas, le bazar apparaît comme un peu baclé, maladroit, voire prétentieux et snob, ce qui n'est pas dans les habitudes de JLG. Comme toujours, une commande joyeusement saccagée par le grincheux cinéaste helvète.   (Gols - 02/05/13)

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