18886539Broomfield revient sur le 19 Novembre 2005 lorsque quatre Marines, suite à l'explosion d'une bombe tuant un des leurs et en blessant deux, massacrèrent vingt-trois innocents, en grande partie des enfants et des femmes, qui se trouvaient malencontreusement dans l'entourage. Broomfield, comme dans Ghosts, filme au plus prêt ses acteurs dans un style documentaire ultra-réaliste : Marines qui se comportent comme des enfants qu'ils sont, population irakienne qui tente de vivre aussi normalement que possible, personnes mises au ban de la société pour avoir fait partie de l'ex-armée irakienne, il n'y a aucun manichéisme, aucune volonté de juger les réactions des uns et des autres. Ce qu'il parvient tout bonnement à démontrer, c'est que les vrais responsables de ce massacre ne sont pas les "acteurs" eux-mêmes sur le terrain, mais les Bush ou les types planqués dans leur Q.G., aussi prompts à filer des médailles qu'à juger pour meurtre ces Marines, dès lors que l'histoire s'étale dans la presse. Que les Marines pètent littéralement les plombs sur le coup, il n'y a là absolument rien d'excusable en soi, le seul problème étant que totalement livrés à eux-mêmes, gonflés à bloc, sans aucun soutien psychologique même lorsqu'ils en expriment le besoin, on voit mal comment une telle tragédie 18886531était évitable. Rien de bien nouveau sous le soleil, certes, mais le film, malgré quelques petites faiblesses (les personnages, notamment l'un des deux poseurs de bombe, prennent un peu trop soin de commenter leurs actes, pour qu'on comprenne bien...) demeure un témoignage très cru d'une journée presque finalement comme une autre dans ce pays sacrifié. On aimerait que Bush, tout comme le Marine incriminé, soit incapable, un jour, de se regarder en face. Po de justice ma bonne dame.