15 mars 2008

Pour toi, j'ai tué (Criss Cross) (1949) de Robert Siodmak

CrissCross

3 ans après The Killers, Robert Siodmak refait équipe avec Burt Lancaster qui retrouve sa partenaire de Brute Force au nom modianesque, Yvonne de Carlo. (Ca c'est uniquement pour faire le malin, bien que ces deux autres films soient tout aussi excellents). L'histoire est classique : un homme (Burt) fait équipe avec un malfrat pour reconquérir celle (Yvonne) qui s'est mariée avec ce dernier. On entre in petto dans le sujet du film en à peine trois séquences. Burt et Yvonne se promettent de se retrouver, après le coup, lors d'un rendez-vous en catimini sur un parking, Burt et l'autre se fritent la veille du casse plus ou moins pour la forme, et on retrouve le Burt dans un fourgon blindé quelques minutes avant que sont fourgon soit braqué par les hommes avec lesquels il est de connivence. On se cale déjà dans son fauteuil après cette intro lapidaire qui nous met déjà les nerfs à vif... Et pis, ah les malins, voilà que le Burt, alors qu'il conduit, se lance dans un flash-back d'une heure pour nous faire revivre son histoire d'amour avec l'Yvonne, faite de haut et de bas. Lorsqu'on revient au fil narratif du début, on est complètement en manque de salive. On sait très bien, depuis le début, que c'est un film noir, que ça va forcément partir en savonnette, que le braquage va déconner à un moment ou un autre, tout ça on le devine, on le voit venir gros comme une maison, ne faites pas les innocents... La vraie question est surtout de savoir si l'Yvonne sera fidèle à son ancien amour, si elle est beaucoup plus fine qu'elle n'en a l'air et l'a attiré dans un traquenard, ou encore si, la coquine, ne pense qu'à sa peau... Avec les femmes fatales, on peut toujours craindre le pire... Là je vous laisse vous faire une idée.

crisscross_1

Ce qu'il y a d'excellent, c'est à quel point le personnage de Burt a l'Yvonne dans la peau... Il a beau savoir que vouloir la refréquenter, ça va lui attirer les pires problèmes, et comme il ne connaît pas le titre français du film, il ne sait pas encore quelles sont ses limites. C'est le vrai parcours d'un enchaîné, incapable de vivre sans son boulet (charmant, attention), obsédé malgré lui par cette femme. Quand il revient en flash-back sur son histoire, il ne cesse d'insister sur le fait que tout la pousse vers elle, que le moindre téléphone qu'il croise est un appel pour la recontacter, que le moindre pas qu'il fait est fatalement dans la direction de son aimée. Alors la thune, tuer, ou même mourir, à quoi bon vivre de toutes façons si c'est sans elle... Bref, un vrai film noir qui nous fait faire un sang d'encre pour cet homme honnête et droit que l'on voit se précipiter vers sa chute. Belle mécanique bien huilée. 

a_criss_cross_PDVD_004

Posté par Shangols à 13:34 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1