Le Clochard

citytramp02Réalisé apparemment en hommage au Signe du Lion de Rohmer, qui mettait en scène un clochard qui se retrouvait soudainement millionnaire, ce clochard-là errant ferait presque plus penser à un héros beckettien : il tombe par hasard sur un pistolet, tente de s'en débarrasser dans une benne avant qu'une soubrette le rattrape et lui rende, puis alors que l'envie le prend de se suicider après avoir pris une douche (!), on lui pique son flingue. Il rêve de Japon comme le héros du Soldat américain, croise Fassbinder dans une pissotière alors qu'il est prêt à passer à l'acte et s'imagine crucifié... Certes ce n'est pas toujours cadré avec une grande sûreté mais bon, quand tu as trois marks pour faire un film, cela peut se comprendre. Une atmosphère finalement assez surréaliste voire burlesque avec la présence de deux hommes mystérieux, qui jouent aux anges-gardiens ou aux simples trublions. Un essai, quoi, avec une bande son et certains angles du meilleur effet.


Le Petit Chaos

littlechaos01Trois jeunes gens tentent de vendre des magazines en faisant du porte à porte avec un insuccès total. Le Rainer et son pote embrassent tour à tour leur amie, puis décident d'aller braquer une des gonzesses visitées peu avant. Après l'avoir quelque peu humiliée, Rainer trouve une petite caisse : avec la thune, la femme veut s'acheter une robe, son pote un ours pour son gamin et lui... tout simplement aller au cinoche. Il y a quelque chose de godardien dans cette petite bande et dans cette chambre où ils se retrouvent et dont les murs sont couverts de posters (on découvre la photo entre autres de Juliette Gréco alors que Rainer vient d'achever un passage des Jeunes Filles de Montherlant) - arrh la Kulture. Le Rainer annonce un moment qu'il souhaite voir "un film de gangsters qui finit bien" et réalise son souhait en se servant lui-même. Un ton assez badin et cinéphilique beaucoup moins troublant et recherché que le précédent court ,certes, mais définitivement un peu plus enlevé.

Fassbinder ist in there