up_my_life_without_me_1_Pour résumer ce film en deux mots, il me faudrait enregistrer la voix de B***i** un soir de loose au Cotton Club hurlant "So saaaaaaaaaaaaaaaad" (oui ça fait 2 mots)

Alors certes, apprendre à 23 ans que l'on va mourir dans 2 mois, c'est pas forcément une bonne nouvelle et la chtite Sarah Polley, ne disant rien ni à sa mère, ni à son mari, ni à ses deux jeunes enfants décide d'établir une liste gentiment triviale des 10 choses qu'il lui faudra faire: tomber amoureuse de Marc Ruffalo (plus chien battu tu meurs), faire rencontrer à son mari une autre femme, aller voir son père en prison, enregistrer des messages d'anniversaire pour ses filles jusqu'à l'âge de 18 ans, aller chez le coiffeur... Bref, elle s'y tient traçant son petit bonhomme de chemin avec un sourire toujours retenu. Comment dire: pas le genre de film à voir si on hésite à allumer le gaz, mais il faut tout de même reconnaître que si ce n'est jamais la fête à Neuneu, on tombe jamais dans le mélodrame le plus sordide... Presque trop plaisant même parfois. Pas de révolte, pas de "Mais y'a personne LA-HAUT!!!!!" fulgurant, juste une Sarah qui décide de prendre la vie de façon placide, de vivre heureuse toute raison gardée en attendant la mort. Le plus dur c'est que les passages de comédie onirique (la danse de tous les clients dans le supermarché...) demeurent ce qui fonctionne le moins.

On dirait presque parfois du Rosetta, mais sans aucun brio. La caméra s'affole souvent un peu dans le vide (les scènes dans la caravane par exemple), raffole de la pluie et des gros plans et la musique est tellement guimauve qu'on s'attend à croiser Laurent Voulzy au détour d'une rue. Voilà. Produit par Almodovar, un film honnête sans prétention. Loin d'être incontournable, il faut bien l'admettre aussi.   (Shang - 18/07/06)


Sans_titre3Rien à ajouter au commentaire de Shang : My Life without Me est un film de compromis, déjà vu 142 fois si vous êtes amateur des téléfilms concernés qui passent avant "Ca se discute" de Delarue, qui couvre soigneusement de chamallow fondu la moindre aspérité espérée, bien propre sur lui, faussement courageux et mollement triste. Coixet est une sorte de Jacques Audiard espagnole, finalement, alors que son beau court-métrage de Paris je t'aime promettait de bien belles choses.

Déjà, vu le sujet, on a le droit de trembler : une femme atteinte d'un cancer qui a deux mois à vivre et décide de les vivre pleinement. C'est casse-gueule ; c'est remarquable quand les pièges sont évités (Le Temps qui reste d'Ozon), c'est pitoyable quand, comme ici, ça donne lieu à un pensum moraliste et d'un sérieux papal. Parce que pour l'héroïne du film, vivre pleinement la fin de sa vie, Sans_titrec'est aimer ses petits nenfants, danser sur une musique espagnole sirupeuse dans les bras d'un beau, poser sa main sur la vitre du parloir pour montrer à son pôpa qu'on l'aime, et pardonner à sa môman qui a un sale caractère. On peut rêver plus punk. La FFFamille (avec trois F majuscules) semble être considérée comme une fin en soi si on veut réussir sa vie, quitte à vivre dans une caravane pourrie et avoir un boulot de merde. Oui, parce que, voyez-vous, ce qui importe, c'est le regard d'un enfant et mon épanouissement en tant que femme. Bien. Coixet veut de toute évidence réussir un portrait de femme moderne, et ne fait que rajouter de l'eau au moulin des bobobos (bourgeois-bohème-bofichons). Ses personnages féminins sont tellement agaçants d'intériorité concernée qu'on n'a qu'une envie : que la nana inscrive dans ses dernières "choses à faire avant de mourir" : faire l'amour avec un poney ou trucider Marc Ruffalo au pic à glace rouillé... histoire de donner un peu d'impolitesse à ce film sucré et écoeurant. Beuuuark.   (Gols - 23/02/08)