Sans_titrePuisqu'on fait aussi les courts-métrages de WKW (odyssée oblige), passage obligé vers ce petit film clinquant et sur-produit, commandé par Phillips pour promouvoir un écran plat qui rend des couleurs pas bégueules. Forcément, le gars Wong ne peut pas se permettre de faire dans le pastel, et livre donc avec There's Only One Sun un festival de couleurs fluos, qui ferait passer ses autres films pour des sépias. On en prend certes plein les yeux, avec le risque non-évité de se contenter d'en mettre plein les yeux : le clip ressemble un peu à ces bijoux de pacotille qui épatent les petites filles sur les marchés. Ca brille de mille feux, mais un peu en vain, un peu dans le vide. Reconnaissons quand même que la forme est tout de même impeccablement maîtrisée, le gars sait utiliser les couleurs primaires, sait tenter des tons inattendus, et Sans_titre1même le daltonien qui vous parle y trouve son compte. A travers cette palette invraissemblable, WKW fait bouger sa caméra dans des mouvements aériens vraiment sans poids, et prouve une fois encore sa science des cadres, des rythmes et des contrepoints. Bourré de faux-raccords (l'actrice change de robe à chaque plan ou presque), majestueux dans son tempo (sonore et visuel) qu'il utilise en vrai chef d'orchestre (à quel moment envoyer la musique, comment alterner les focales, les gros plans ou les hors-champs), c'est une véritable école formelle, même si ça reste un exercice de style un peu "bling-bling" et trop brillant.

Niveau scénar, c'est assez brumeux. On se retrouve dans une ambiance à la 2046 : une tueuse Sans_titre2professionnelle est chargée d'éliminer un mystérieux mec appelé Lumière, se fait passer pour aveugle (je crois) car le type refuse qu'on le regarde, et finit par tomber amoureuse, même si elle va au bout de son contrat. Lui parle euh russe ? japonais ? chinois ?, elle français, ils ne se comprennent pas, mais ça fusionne sur les terrasses et dans les voitures, ça se jette des regards énamourés et ça prend des poses trop class. Bon... N'oublions pas que c'est une pub, à la base, et contentons-nous du fait que WKW a bien dépassé la commande en livrant ces 10 minutes que personne ne lui demandait. J'espère juste que sa période "feux d'artifice" (I Travelled 9000 km, My Blueberry Nights, La Main) est terminée et qu'il va se remettre à travailler, et trouver d'autres voies.

Le film est regardable en cliquant ici (laissez filer l'introduction, puis cliquez sur "voir le film en entier"). De rien.

Tout WKW : cliquez