Inspiré d'une pièce de Fernando Arrabal, ce premier long métrage du chilien Jodorowsky provoqua une émeute à sa sortie... Faut dire qu'en terme de vision surréaliste, l'Alejandro lâche les chevaux, les chiens et même les moutons, et qu'en terme de provocation (on a vu pire depuis, certes, ma bonne dame) il a pas dû amuser tout le monde...

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Fando et Lis - paraplégique mâtinée de Giulietta Masina - partent à la recherche de la ville paradisiaque de Tar (c'est où? euh là, en haut, à gauche). Dès les premières scènes, on a droit à un piano en flammes, et on se dit qu'une girafe et d'une ça coûte plus cher, et qu'en plus au Mexique c'est pas monnaie courante. Des bourgeois en costard se font une petite partie dans des ruines et notre pauvre Fando joue à colin-maillard : alors qu'il palpe le bien joli corps d'une femme, un homme lui roule un patin: 1- le Fando, en enlevant son bandeau, est vert; 2- on comprend bien que tout n'est qu'illusion et qu'il va mieux falloir se laisser porter par l'atmosphère du truc que de tenter une analyse terre-à-terre (en plus je viens de paumer mon dico des symboles, pas de bol les gars). Bref, nos deux amoureux (soit Fando porte Lis sur son dos, soit il l'emmène sur un curieux char) s'en vont donc en quête de la cité magique de Tar dans un décor ultra désertique où il fait bon s'imaginer des fleurs (dixit Fando) mais pas des arbres (dixit le même). Ils vont croiser leur lot de personnages -comment dire?- euh, originaux...: des vieilles femmes qui jouent aux cartes en se servant comme jetons de fruits au sirop (blurp), une ribambelle de travestis qui les travestissent, une black dompteuse avec des joueuses de bowling qui dégomment notre pauvre Fando - mention spéciale pour la séquence de jeter de boules du haut de la montagne -, une estropiée à roulette et un aveugle, un preneur-goûteur de sang, sans parler des passages oniriques avec une mère excentrique sur un lit d'hôpital qui bourre notre Fando avec des trucs à la farine pas vraiment appétissants, et un père amené à un peloton d'exécution (du taff, et du lourd, pour notre ami Freud). Il est également question d'amour et de mort - Fando et Lis se mettant en scène sur des tombes-, d'orgie dans la boue et de bagarres à grands coups de seaux de peinture noire dans la tronche et de scènes assez violentes, Fando finissant par rouer de coups son amour - à mort. Bon Tar, c'est un peu comme Godot, on en verra jamais la couleur.  Alors oui, c'est de l'avant-garde vintage fin des années 60, et on regarde souvent cela d'un œil goguenard en se disant que l'Alejandro il a dû fumer un bon paquet de cigarettes au cactus. Définitivement pointu, à chacun de se laisser porter par cette œuvre du septième thé-art total. Ah non, moi je suis lâche, je ne juge point. On savait déconner grave quand même à l'époque...

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