B00018GWHQPendant de l'enfant sauvage, Kaspar Hauser n'a finalement avec ce dernier que très peu de points communs (ah?), notre type ayant bien passé 25-30 ans entre quatre murs sans avoir vu un arbre, n'ayant rien d'un enfant (ouais c'est un adulte quoi) et n'étant absolument pas sauvage: il passe tout le film dans un état catatonique, comme un type qui aurait regardé TF1 pendant 3 jours d'affilée ; faut dire qu'Herzog aime les challenges et l'acteur principal (un certain Bruno S.) était lui-même un enfant battu qui apparemment partait souvent en quéquette pendant le tournage.

Certes il faut bien admettre que le rythme du film va un peu à deux à l'heure, Herzog nous faisant voir le monde à travers ce personnage qui a toutes les difficultés du monde à s'adapter... Seulement là où le père Werner est malin, c'est qu'on a plus l'impression qu'il est victime de l'incompréhension de son entourage que de sa propre incapacité intellectuelle. Après être resté emprisonné sans aucune raison (a rien fait de mal le bougre et pourrait même faire passer Gandhi pour un nerveux), il endosse le rôle de monstre de cirqueJederFuerSichUndGottGegenAlle04 (aux côtés d'un nain, ça fait toujours marrer, d'un gamin qui se prend pour Mozart et d'un Indien zen qui joue de la flûte de Pan (mouais ça paraissait déjà bizarre à l'époque, là je suis d'accord)) avant qu'un gentil monsieur le prenne sous son aile; il apprend alors à parler et à écrire et même à jouer du piano mieux que moi du xylo (pas une référence). Des prêtres qui veulent lui faire croire à l'existence de Dieu à un maître de logique qu'il met minable par son sens de l'invention, en passant par la high society habillée comme des gaufres, Kasper Hauser détonne dans ce monde incapable de prendre en considération sa vision décalée des choses; comme un personnage d'Harrison, ce dernier est beaucoup plus en phase avec la nature que ses congénères (belle idée lorsqu'il est fier d'avoir écrit son nom avec des feuilles et qu'il pleure quand un gars marche dessus) et comprend beaucoup mieux qu'eux la psychologie d'une pomme (ouais faut le voir pour kasparhausercomprendre... Tu connais le coup de la pomme?). Notre Kaspar se met même à rêver (séquence troublante de sa vision de la mort sur une colline) et sera capable de raconter une histoire sur son lit de mort... (juste le début de la dite histoire, comme si la fin n'était point l'essentiel - à l'image des gens qui ne pourront jamais complètement le comprendre, même après avoir pratiqué une autopsie sur son cadavre et s'être émerveillé des difformités de son cerveau). Sa maladresse "innée", ses émotions surprenantes (il pleure comme une fontaine après s'être brulé) en font un personnage touchant, éternellement mystérieux aux yeux de ceux -pour ne pas dire de tous- incapables de concevoir et de pénétrer ce caractère hors du moule. Du Herzog fidèle à ses principes.

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