p2Les Weinstein et Soderbergh à la production, Charlie Kaufman au scénario, et une pleiade de comédiens glamours à la distribution : il aurait vraiment fallu que le père Clooney soit un gros manche pour rater son premier film. Donc, Confessions of a Dangerous Mind est un joli film, agréable, parfois assez original, voire audacieux, et on passe deux heures peinardes au bon royaume d'Hollywood (ses strass, ses paillettes, ses beaux jeunes gens, etc.)

Clooney décide de raconter l'histoire peu banale d'un gars qui fut une star de la télé trash, et en même temps un agent de la CIA enrôlé pour butter les indésirables de la planète. Une sorte de Nikkos Aliagas armé jusqu'aux dents, quoi. Difficile de concilier les deux carrières, et notre gugusse organise les tournages de ses émissions en fonction des endroits où il doit descendre sa prochaine victime. Sur la fin, tourmenté par cette vie moralement douteuse (mais sont-ce ses émissions débiles qui le font souffrir ? ou sa basse besogne de tueur ?), il pête les plombs confessions_of_a_dangerous_mind_6et se retire du (des) business... Sujet pas piqué des hannetons, que Clooney et Kaufman traitent avec un vrai regard. A côté de scènes usées jusqu'à la moelle (les frasques sexuelles du héros, sa lente déchéance, les scènes romantiques avec sa nana (sur-jouées par Drew Barrymore)), ils parviennent à tracer une voie très personnelle sur d'autres : les délires du personnage donnent lieu à des scènes oniriques très bien menées, sortes de flash-backs enchâssés dans la narration et qui se mélangent à elles ; quelques idées visuelles sont également bien trouvées, comme celle de l'entrevue de Clooney et Rockwell au bord d'une piscine, où le sang du premier s'écoule doucement dans l'eau sans qu'il perde une seconde de son élégance légendaire. Les dialogues, bien écrits, souvent drôles et terriblement glamour, amènent une sympathique insolence dans ce film qui, sans eux, ne pourrait être qu'un mignon divertissement. Il y a là-dedans une critique assez fine du système, un p4_w434_h_q80côté malpoli-avec-le-sourire qui fait mouche.

Clooney n'évite pas tous les pièges de la biographie (les interviews des vrais protagonistes de l'histoire sont totalement inutiles), ni ceux des premiers films indépendants (on frôle parfois le clip dans ces décadrages nazes, ou cette volonté de sur-signer son film), mais sa façon de raconter, son sujet et ses étranges rythmes dénotent une vraie personnalité, et finalement un vrai cinéaste.