mao4Ah oui on peut pas dire qu'on rentre dans la période de la grande déconne, même si le père Mao en a roulé plus d'un dans la farine. Des coopératives au collectivisme, puis au concours à la con entre les Communes pour savoir à qui aura la plus grosse (récolte), ces dernières en arrivent à dire tout et n'importe quoi pour faire le malin (et forcément tout cela finira dans le ravin....) et l'Etat de  ramasser jusqu'au plus petit grain de blé: bilan 30 millions de morts, c'est beau la solidarité. Comment "le grand bond en avant" s'est transformé en grosse gamelle dans l'herbe sèche. On passe en vitesse sur l'épuration des droitistes qui vire une bonne partie des cadres du parti des débuts jusqu'à la fin des années 60, le début de Révolution Culturelle et la grande ruine intellectuelle. Ils ont l'air malin, tous, avec leurs petits livres rouges et là ça va encore charcler grave: 400 000, au bas mot, vont morfler et je parle pas de mes vases dans le salon ni de mon bouddah au fond du jardin. Les contre-révolutionnaires mangent le pissenlit par la racine et cette jeunesse, partagée entre "garde rouge" et "rebelles", se jette la tête en avant dans une violence résolument horrifique. Bon le Mao dira d'arrêter les conneries et cela marchera pour un temps. Grande valse à la tête de l'Etat où l'on suit les avancées et les déclassements des grandes figures de l'époque: le petit Deng Xiaoping fait des allers-retours entre la tête du parti et sa campagne... On suit également les premiers grands rassemblements sur la place Tiananmen (et les premiers massacres) et les retournements de situation dans les relations diplomatiques avec les Etats-Unis qui du jour au lendemain ne sont plus le grand ennemi impérialiste (on évoque la guerre de Corée, on passe très brièvement sur le Vietnam (tout comme malheureusement sur le Tibet en 59) et on s'attarde sur la visite de Nixon en terre chinoise). Le Mao tout pimpant, entouré de jeunes gonzesses qu'il faisait valser ou à qui il racontait des histoires super drôles (se marre tout le temps, la fan de Mao) laisse la place à un type aveugle qui serre des mains au hasard lors d'une réception de dignitaire; son coeur finira par lâcher, nous dit son docteur, on doutait justement qu'il en avait un.

Toujours énormément d'images d'archives et des intervenants de tout bord, du docteur perso de Mao donc à cet ex-jeune garde rouge qui revient sans vraiment trop d'émotion sur sa propre débauche de violence (...) en passant par des paysans du cru ou d'anciens membres du parti qui se sont retrouvés du jour au lendemain du mauvais côté de la barrière sur un simple mot du Mao - brrrr.