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Quand le créateur se croit plus malin que sa créature. Il faut admettre que Leslie Howard est parfait dans ce rôle de goujat éduqué, de professeur arrogant sans bonnes manières. Plus de réserves par contre pour Wendy Hiller qui peine à convaincre en fille de la rue (certes pas facile de ne pas trop en faire...) mais qui se fait de plus en plus touchante à mesure que le film avance... et que son langage et sa confiance évoluent. Les dialogues fusent à 3000 à l'heure dans ce qui reste une belle réflexion sur la façon dont on juge les gens sur leur façon de parler... Passant 20 heures par semaine à corriger la prononciation de nos amis chinois (bon en dehors du "p" et du "b" et du "t" et du "d", et encore, tout va pour le mieux... ah oui le "r" parfois...), je ne peux que compatir aux efforts de l'Howard qui a tout de même une vision assez primaire de l'enseignement: il passe son temps dans le film à dire "non, nooon, NOOOOOON", mais bon ça finit par marcher, comme quoi... Si sa créature finit par dépasser ses espérances, il se donne tous les honneurs et sa mauvaise foi à admettre qu'il s'est attaché à elle vaut celle d'un Bibice lorsqu'il défend tout en s'en défendant Michael Moore (je plaisante, tu es mon seul lecteur...!). Si la Wendy possède une âme -charitable-, son créateur a bien dû mal à quitter son petit nuage aristocratique de mes deux : l'auto-satisfaction et la superbe du Leslie finissent par paraître ridicules et ce petit retournement final constitue une bien belle morale ma foi - et ce même si l'ultime réflexion d'el professor tente de sauver les apparences (oui un poil machiste, même moi je reconnais, eheh). Sans être non plus totalement absorbé de bout en bout par une histoire cousue de fil blanc (je suis un mauvais spectateur de comédie, j'admets...), un film au rythme -langagier- endiablé qui garde - haut- son verbe et sa verve.

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