458120_252083Ces "vieux croyants" font partie d'une diaspora établie un peu partout dans le monde suite à un schisme dans la religion orthodoxe en Russie au XVIIème siècle (on apprend quand même plein de trucs avec moi, non?). Sevcikova a suivi pendant cinq ans dans la région du Danube -en Roumanie si je ne m'abuse - ces reliquats d'un autre temps. En plus d'avoir un prénom souvent imprononçable, ils sont tous fiers d'avoir un ange gardien qui porte lui-même un nom. Certains l'ont même déjà vu et on se dit que l'ecstasy fait finalement peut-être moins de dégât que la religion à haute dose. Ils portent tous une croix autour du cou pour que le diable ne les possède pas à leur mort (reprends une pilule tiens) et croient en une vie après la mort avec une telle foi qu'ils feraient passer les Egyptiens pour des phénomènes de foire. Pas de doute que le jour où ils vont découvrir la première X-box ça va leur faire un coup derrière la tête. On retrouve chez Sevcikova, comme dans ses précédents films, cette fascination à faire de longs plans sur des arbres morts, des bateaux qui disparaissent dans le brouillard, des goélands (le goéland est très croyant) et des visages enfouis derrière une barbe de 46733 jours. Elle semble avoir un don pour réussir à pénétrer ces communautés d'un autre âge qui n'arrivent toujours pas à croire qu'on soit allé sur la lune. (La terre est ronde aussi mais cela serait peut-être un choc trop rude). Ca fait bien plaisir de savoir qu'ils font partie de l'Union Européenne même s'il serait sympa de les en avertir. Bref toujours la même ambiance surannée et presque irréelle que dans les deux autres moyen-métrages. Un autre temps...