a_George_Cukor_Holiday_Cary_Grant_Box_DVD_Review_PDVD_007

Il y a du Capra dans ce Cukor et c'est forcément un compliment: même si dès le départ on devine comment le scénario va évoluer (Cary Grant découvre, en allant pour la première fois chez elle, qu'il va se marier avec une richissime fille de famille - mais comme la soeur de cette dernière n'est autre que Katharine Hepburn, "la brebis galeuse" de la famille, pas besoin de vous faire un dessin... Le Cary Grant avec son charme débonnaire et ses sauts périlleux tente de gagner les bonnes grâces du père et du reste de la famille mais rapidement il apparaît que son pire ennemi risque d'être sa future femme, engoncée dans ses principes... Et ben oui, parce que si le Cary vient de nulle part, a fait son trou dans le monde de la finance, il aspire seulement à prendre 2-3 années sabbatiques, le temps de réfléchir à l'intérêt de travailler...  Ce n'est point l'argent qui le mène par le bout du nez, juste le rêve d'une vie à la cool. Forcément le père de sa promise et cette dernière vont se révéler être des murs face à ce qu'ils prennent pour une réaction de gamin de 17 ans. Ils ont pas forcément tort, mais comme 17 ans est encore l'âge des espoirs ils ont tort à mort (vous suivez?). Bref, comme la Katharine incarne justement la créativité, la spontanéité et tout le tintouin, le Cary finira bien par tomber dans les bras de la belle... Certes c'est pas une super idée de partir en vacances à Paris en 1938, mais cela risque de créer des liens entre eux.

a_George_Cukor_Holiday_Cary_Grant_Box_DVD_Review_PDVD_009

Adapté d'une pièce de théâtre, rien n'est cependant jamais immobile et les dialogues fusent dans tous les sens. Grant et Hepburn font preuve d'une complicité de grands gamins joueurs assez jouissive par rapport à la morgue de cette maison démesurée et l'air amidonné du pater familias et de la blondasse de soeur. Même les serveurs ont l'air plus au fait que les amis du Cary concernant "les bonnes manières" et franchement, ce genre d'endroit ne donne pas envie d'aller aux toilettes pour ne pas déranger. Encore une belle réussite de comédie américaine au ton étrangement optimiste pour l'époque... On sortait des années de crise des années 30, la menace de la guerre devait encore sembler loin... Le capitalisme n'avait point triomphé, eh nan po encore.

johnny_and_linda