1447324383"L'histoire des "garçons perdus" du Soudan", dit le sous-titre, ou plus clairement l'histoire de ces dizaines de milliers d'exilés du sud Soudan qui ont d'abord trouvé refuge en Ethiopie (une petite marche de 1500 km en plein désert) avant d'être à nouveau expulsés direction cette fois-ci le Kenya, et à nouveau 1500 km dans une nature hostile. Bref si tu survis, déjà t'as du bol. Le problème c'est qu'une fois dans ces camps kenyans, il y a certes généralement de la nourriture mais pas grand chose à faire. Heureusement nos amis américains ont décidé d'accueillir dans une vingtaine de villes, ces réfugiés (attention, tout n'est pas cadeau, car l'assistance financière est garantie seulement pendant 3 mois, après il faut se mettre à taffer et même à rembourser le billet d'avion - ah ben oui, c'est les Etats-Unis quand même, pas une ONG). On suit 4 de ces réfugiés dans leur "intégration" aux US pendant leurs 3 premières années. Après les passages un peu grands-guignols (le Soudanais n'est pas bon dans les escalators, le Soudanais pile d'abord les crakers au marteau avant d'y ajouter du lait, le Soudanais se parfume à la mousse à raser, le Soudanais trouve que les mini-tablettes de beurre de l'avion ont un goût de savon - tout ça est bien logique ma foi), retour à la réalité: la plupart d'entre eux enquillent 2 à 3 taffs par jour et se cassent la bibine pour envoyer de l'argent à leur famille -si elle existe encore - qui demeure au Soudan ou dans des camps. Après une première partie où nos Soudanais sont relativement déphasés (il y a de quoi quand même, après 10 ans d'exil, une grande partie passée sur les routes, sans parler des horreurs dont ils ont été témoins - massacre de leurs proches, famine...), certains d'entre eux tentent non seulement d'organiser des meetings entre ex-"garçons perdus" mais aussi d'alerter les autorités américaines de leur condition. C'est un peu la partie faible du reportage d'autant que l'on n'assiste à aucun réel retour des autorités... Quinn nous assomme cela dit sur la fin en montrant la réunion d'un Soudanais avec sa mère qui vient le voir aux U.S. après... 17 ans de séparation - j'avais un mouchoir dans chaque main, c'est le genre de séquence où t'y restes à chaque fois: 2 mouchoirs c'était bien ce qu'il fallait. On revient sur nos 4 hommes le temps de faire un bilan et de voir que la période d'adaptation  est plus ou moins passée,Image_6 certains reprenant leurs études, d'autres ayant le projet d'ouvrir des écoles et des hôpitaux dans leur pays d'origine. 4 destins hallucinants, tout le volet politique (on parle pas de nos amis chinois qui achètent du pétrole par exemple) étant escamoté. Mouais on va décidément po se plaindre de sa condition et on continue de se demander pourquoi cette crise humanitaire et politique soudanaise n'émeut pas vraiment nos "grands" dirigeants.