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Twin Peaks est la meilleure séries de tous les temps et je ne pense pas prendre beaucoup de risques, bien que n'ayant pas vu tous les épisodes de Star Trek...

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Lynch a su créer un monde hors du temps, sans renier en rien ses fondamentaux: flirts à l'eau de rose et chansons de velours (veine Blue Velvet), personnages démoniaques, histoires abracadabrantes, héroïnes à renier sa religion, agent très spécial et doughnuts; comme ça en vrac et pour le plaisir, comment ne pas aimer une série où une femme parle avec sa bûche -qui cache bien des choses la coquine; où un psychiatre a des lunettes avec un verre bleu et un verre rouge; où l'agent du FBI trouve une piste lorsque, à l'écoute d'un nom tiré d'une liste, la pierre qu'il lance fracasse une bouteille - une méthode dérivée de ses rêves et de pratiques tibétaines (toujours su que Twin Peaks était ultra-politique); où des hordes de Norvégiens ou d'Islandais débarquent tout d'un coup pour foutre la pagaille; où un flic pleure à chaque cadavre qu'il croise et fait tomber son flingue à chacune de ses missions; où le héros est joué par l'icône Kyle MacLachlan -qui s'extasie ingénument devant tout bon café noir ou pie fourrée- et qu'il est entouré des sublimes Lara Flynn Boyle, Sherilyn Fenn, Mädchen Amick, Joan Chen... et j'en passe sinon je vais plus avoir de salive; où un ménate prénommé Waldo qui garde la langue dans sa poche tient peut-être la clé du meurtre; où les intrigues sentimentales et policières ne cessent de se faire, de se mêler et se défaire au fil des épisodes...

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Avec Twin Peaks se crée la série mythique mais aussi un ton unique où le spectateur n'est pas pris pour une ménagère de moins de cinquante ans. Plus l'histoire part en live et plus on se délecte de la façon dont Lynch et Frost tentent de faire tenir tout cela debout: de l'audace, toujours de l'audace... Je me demande encore comment j'ai pu abandonner mon poste pour un temps, avide de me replonger dans la saison deux dont j'avais bien dû zapper quelques épisodes à l'époque.   (Shang - 16/08/07)


TwinPeaks_799480Pas de problème : tout aussi emballé que mon camarade par cette série à 10467 facettes, que je suis tout prêt, comme lui, à considérer comme la plus grande série de tous les temps (avec The Kingdom de Von Trier, sans doute). Ce qui étonne le plus, c'est que Lynch et sa bande osent ce que nulle autre série n'ose : la latence (un des épisodes de cette première saison n'apporte rigoureusement rien à la trame, n'est qu'une suite de variations sur les personnages et l'ambiance) ; le rythme très lent, parfaitement en accord avec la musique et le jeu tout en minuscules gestes du grand McLachlan ; la direction des acteurs, hyper-travaillée, résolument à contre-courant des bâclages de Lost par exemple ; de vrais personnages profonds et originaux, c'est le moins qu'on puisse dire (mes préférences : Leeland Palmer, vrai personnage lynchien en ce qu'il amène le grotesque dans la tragédie la plus pure, et la standardiste quiche) ; et surtout le fait que finalement, c'est moins sur la résolution de l'énigme que repose l'attente d'épisode en épisode, que sur le miracle de la mise en scène. On attend impatiemment la suite pour voir comment le gusse va arriver à faire tenir ça debout, si cet univers incroyablement personnel va pouvoir continuer à être. Et, oui, au bout de ces 8 épisodes, l'univers ne cède jamais à la moindre concession, malgré un ou deux metteurs en scène un peu moins talentueux (Tim Hunter, par exemple, rate l'ambiance, et ne fait qu'une série parmi d'autres). C'est renversant d'audace tout en restant populaire comme un feuilleton, c'est hyper-conceptuel en se donnant des airs de polar à deux balles. Bref, Twin Peaks est l'antithèse de la télévision. Je me jette dès maintenant sur la saison 2.   (Gols - 08/10/07)