Voilà un film à ranger dans la catégorie des "pas mal", statut qu'il remporte in extremis, tant il a frôlé le "bof18778384_w434_h289_q80 bof", voire le "nan, j'aime pô" dédaigneux. Je comprends bien ce qu'a voulu faire Delpy, une comédie autour des clichés de la France vus par un Américain lambda, ok. Le problème, c'est qu'à force de clichés, la donzelle enferme son film dans un univers pas crédible ; ce qui avait commencé comme une petite comédie fine et sans conséquence finit par devenir une lourde chose.

Oui, parce que ça fonctionne très bien pendant une bonne demi-heure : sens du dialogue (franchement proche de Woody Allen, et parfois à sa hauteur), bonne direction du comédien principal (Adam Goldberg, un petit Woody lui aussi), bon rythme, quelques gags minuscules et rigolos (les touristes ricains fans de Da Vinci Code, les capotes trop petites, etc.). Mais dès que Delpy fouille son univers, elle se 18778382_w434_h289_q80heurte à de gros traits de crayon qui gâchent tout : les parents, trop hystériques, ne sont jamais des personnages, enfermés qu'ils sont dans des schémas grossiers ; les personnages secondaires, pour le coup assez mal joués, ne sont également que des ombres au service de l'histoire ; et les clichés deviennent trop nombreux, tout y passant, des French qui mangent du lapin au taxi raciste, du vol de sac dans la rue au dragueur de métro. En plus, Delpy veut aussi mettre là-dedans une réflexion romantique sur le couple-qui-ne-se-connait-pas-mais-qui-s'aime-quand-même, alourdissant encore un film qui n'en demandait pas tant, ce qui nous donne droit à un final ridicule. Elle oublie totalement de se diriger, et son couple est finalement peu crédible : ces deux-là deviennent agaçants, prisonniers de leur caractère pas assez fin (lui : bougon hypocondriaque et nerveux ; elle :18778381_w434_h289_q80 parisienne légère et maternante). La mise en scène était pourtant bien au rendez-vous, ce qui est assez rare chez les acteurs qui deviennent cinéastes pour le noter : elle sait faire circuler la parole, alterner les plans, rendre vivants les personnages au sein de la ville. Et les mauvaises idées qui arrivent parfois (les photos, le flash-back sur l'enfance qui arrive comme un cheveu sur la soupe, la musique tendance à mort et gavante à mort) n'arrivent pas à gâcher la joyeuse énergie de la réalisation.

Bonne écriture, bonne mise en scène, mais sujet lourd et pas tenu. Prometteur ? à la rigueur.   (Gols - 02/09/07)


2days_15_KLEINTrouvant la Delpy actrice et scénariste de Before Sunset et Before Sunrise plutôt sympathoche, je me suis dit que ce petit film où elle endosse la casquette de réalisatrice ne pourrait a priori pas me faire grand mal. Et c'est vrai, comme le disait mon collègue, qu'on comprend bien (et vite) ce qu'elle veut faire: une comédie romantique in Paris avec son boyfriend américain; on voit bien qu'après des années d'exil, c'est l'expérience qui va parler, que son oeil aiguisé d'étrangère dans son propre pays sera à même de relever les petites tares françaises. Alors oui, on pense à Woody par ce flux de paroles - presque drôles - ininterrompues, mais rapidement quand même, boum, on sature: comme un trop plein de mots qui débouche sur un trop vide de sens; à vouloir paraître les plus ultra naturelles et les plus ultra à la cool possible, la plupart des situations sonnent non seulement surfaites mais carrément fausses. Pas même deux secondes de silence dans tout le film: on a droit soit aux parents hystériques, soit au petit copain plaintif et jaloux qui fait scène sur scène, en passant par des seconds rôles (ah oui mauvais, c'est clair) qui nous noient sous une diarrhée verbale et je passe sur pratiquement tous ces chauffeurs de taxi lepenistes, un trait systématique qui devient bien lourd.

Alors, attention, je l'aime bien la petite Julie, mais sa petite baguette magique de "scénariste d'instants précieux" se transforme un peu trop rapidement en grosse louche pour manger sa soupe; elle voulait montrer Paris sous un angle original et tombe très souvent dans le cliché grossier; il y a bien un certain sens du mouvement dans la mise en scène mais tout est alourdi par des mots qui tombent comme des palourdes. Un peu plus de confiance dans les images et moins dans le texte, et on devrait y gagner en légèreté...   (Shang - 08/10/07)