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Restant sur un excellent souvenir de White Diamond (depuis j'évite tout contact avec les gorilles) et surtout de Grizzly Man (et avec les ours - sûrement le documentaire le plus hallucinant de ces dernières années et Dieu sait que j'en consomme), je me lançais dans Fitzcarraldo avec en point de mire le... docu de Les Blank sur ce tournage de folie (Herzog et Coppola: deux fous dangereux).

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Herzog se plaît à décrire son histoire comme celle d'un Sisyphe moderne, Klaus Kinski ayant pour ambition dans ce film de faire passer un bateau de trois étages par dessus une colline - il s'agit pour lui d'aller exploiter du caoutchouc en passant par une rivière inaccessible en aval à cause de la présefitzcarraldonce de rapides. Ce fou d'opéra (tout court aussi - on est entre personnes azimutées, il faut l'admettre) qui cherche soi-disant à faire fortune dans l'exploitation de l'hévéa semble au final plus passionné par le challenge que représente une telle aventure que par sa finalité. Après une première heure à terre à discutailler avec Claudia Cardinale et les richards locaux, Kinski s'embarque enfin dans son aventure. Herzog prend tout son temps pour capter ce voyage non pas aux confins de la folie (on a peur d'un bis repetita des aventures du colonel Kurtz mais point) mais aux confins du rêve - même si cela s'averera un véritable cauchemar, dans la fiction mais également au niveau du tournage... Ce qui interesse le Werner c'est de capter également chez les indigènes toute la force, la patience et la passion à l'oeuvre. Herzog ne triche pas avec une maquette en plastique et l'on sent véritablement chaque goutte de sueur, chaque millimètre d'effort, chaque gramme d'espoir - tout ce qui se cache d'impossible derrière un tel acte. Kinski, cheveux en bataille décolorés, regard de bête traquée sous acide (ouais pas mieux) donne corps à cet idéaliste qui parviendra à se relever une nouvelle fois après une énorme et ultime désillusion - this is typically some "stuff that dreams are made of" - Werner, William- et le film se contemple avec les yeux d'un enfant. Oui, bon, on serait prêt à concéder quelques longueurs mais après avoir visionné le docu de Les Blank, on est vraiment prêt à tout pardonner à ce film.

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