Allez tiens une petite série Z pour la route, directement des années 50, à l'époque où couper du beurre avec une fourchette faisait partie des effets spéciaux.

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Atmosphère classique: une base américaine isolée à la frontière avec le Canada et un cadavre que l'on retrouve avec une expression d'horreur dans les yeux, victime d'un truc qui fait poum-poum quand il marche et shcrrochhhhaieuuuupchhhscchhhhh quand il tue... Ca mérite bien une enquête, hum, hum. Il y a le Major qui est bien taillé, une jeune femme à la poitrine plantureuse qui lui fait du gringue (faisaient des soutiens-gorge en forme de cône à l'époque du meilleur effet), trois autres victimes qui sont retrouvées avec le cerveau tout sucé et deux ptits trous juste là, une chasse à l'homme menée tambour-battant par les habitants de Twin-Peaks, un savant fou qui fait des recherches sur la télékinésie, des drôles de radars qui fonctionnent à l'énergie nucléaire... Bref avec cinq idées, on devine presque l'essentiel du scénario et la première heure se regarde d'un oeil hagard en pensant à ce qu'on va faire le lendemain. Au moins Crabtree semble avoir compris un truc, pour faire monter la tension, mieux vaut ne pas montrer ses monstres; il a même tout compris car même quand il les filme, on voit que dalle, à peine un léger mouvement du tapis - on devine la fourchette qu'on tire dessous avec un bout de ficelle: ben ouais, ils sont invisibles si vous avez lu le titre - ça fait en plus des économies. Bon. Et puis le dénouement arrive.. Les 15 dernières minutes sont un véritable massacre: tout d'abord parce que tout d'un coup, les saloperies de monstres accumulant l'énergie, on finit par les voir: la poilade -  ce sont de pauvres cerveaux avec des queues squelettiques et franchement j'ai rarement vu un truc aussi superficiel et po naturel depuis la retraite sportive de Richard Virenque. Tout ça avec une couche de tous les clichés du genre : "au secours au secours" faut qu'on se barricade "tiens j'avais justement des planches et un marteau sous le coude", le sacrifice du savant fou, le courage du héros, le baiser de la femme aux seins coniques pour le soutenir... Roooah aussi indigeste que les Moon Cake chinois (c'est la saison et priez pour que mes étudiants ne m'en fassent plus goûter). Tout ça - de façon subliminale, mmhhein - pour nous faire comprendre que les trucs atomiques ben faudrait ptêtre s'en méfier quand même...? Pour la dvdthèque d'Eddy Mitchell et de Jean-Pierre Papin, c'est tout.

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