924749Il est bon de retomber dans le vrai pointu - et là encore pas forcément dans le nécessaire, remarquez.

Maria se présente donc en deux parties: Maria, en été 78 et Maria, 9 ans plus tard; la deuxième partie est en fait la présentation du premier film tourné donc neuf ans auparavant aux habitants de cette bourgade, la pauvre Maria étant morte en 82... Que dire sinon que notre Maria est morte à 45 ans alors qu'elle en paraissait 75, qu'elle a perdu son fils de 12 ans et qu'on la voit encore cette année-là inconsolable au cimetière, qu'elle a l'air dur au mal quand il s'agit de faucher et qu'on a fini par l'enterrer un jour pluvieux. Sokurov nous présente cette héroïne rurale, fauchée comme les blés, mais vaillante comme une faucille. Elle parle entourée de sa babouchka, Petruschka, sa fille, et Grishka, son mari, (prénoms non contractuels) d'une voix émue, toujours au bord du gouffre, semble-t-il. Quand elle parle de vacances, elle ne se rappelle que le fait de dormir 24h sur 24. Bon, on a bien droit à nos couchers de soleil sur les champs, ça donne pas non plus envie d'y partir en vacances, d'autant que la deuxième partie est d'une tristesse abominable (en noir et noir).

mar_pct

Heureusement (...?), Le dernier jour d'un été pluvieux est encore pire, entièrement en noir et blanc, nous faisant l'honneur de nous parler de ce monde malheureusement définitivement englouti, celui des kolkhoz (pense pas avoir réutilisé ce mot depuis la classe de troisième... qu'est-ce qu'on a pu nous gaver d'ailleurs avec l'économie soviétique quand même!!!! Que du flan en plus...). Notre ami -appelons-le Igor-, le chef kolkhozien, nous parle avec émotion de tous les quotas qu'il a réussi à remplir ces vingt dernières années avec un petit pincement au coeur, et si son visage n'était pas buriné, on aurait envie de l'exécuter sur place. Là encore, malgré tout, flotte dans l'air, à défaut d'un parfum de nostalgie, le sentiment que cela est sur le point de disparaître: on sent presque dans le regard des vieilles personnes qui l'entourent (elles ont sûrement dû avoir envie de le tuer 43 fois) qu'elles le considèrent comme un Messie...

Sokurovien dans l'esprit (à la recherche d'un temps perdu... - dans les deux sens des termes...), pas dans la qualité des images...