18644961_w434_h289_q80Tonny sort de tôle, et vient retrouver son père, trafiquant respecté, pour se mettre à son service. On sent bien que c'est plus un modèle qu'il vient chercher, ou en tout cas un regard paternel, une fierté. Mais le vieux s'avère être une ordure dégoûtée par l'échec de ce fils irresponsable. La découverte de Tonny de l'existence d'un bébé dont il est le père va faire basculer son rapport au "milieu" et à sa propre famille.

Promesse on ne peut plus confirmée : après un premier opus qui tenait très bien la route, le second volet de cette série de portraits de loosers met la barre un peu plus haut, et réussit encore mieux son pari. La trame de Pusher II se densifie, devient plus intéressante et émouvante, on s'approche de plus en plus de Scorsese ou de Gray, en plus radical, en plus amer. Dédié à juste titre au grand Hubert18612428_w434_h578_q80 Selby Jr, le film a toute la violence et toute la sensibilité du romancier. Abandonnant un peu ses tendances "dogmesques", Winding Refn pose sa caméra pour capter des regards, de l'émotion qui passe, pour saisir l'ambiance d'un décor ou d'un instant. pourtant, le film reste très nerveux, haletant, presque à bout de souffle. Encore une fois, le gars nous happe dans son rythme, et dans le déroulement inéluctable de son histoire. Mais cette fois, il laisse entrer dans son cinéma quelque chose de plus lumineux, en tout cas de plus organique, à l'image de ce long plan-séquence dans le métro, où le visage du personnage passe de l'ombre à la lumière sur fond de musique rock puissante. Winding Refn fait par ailleurs une nouvelle fois la preuve de son talent pour ce qui est de la direction d'acteurs : son anti-héros est magnifiquement campé par Mads Mikkelsen (déjà entrevu dans le premier épisode), dont la beauté inquiétante n'a d'égale que la tension de 09son jeu. Bardé de tatouages, fragile en même temps que dangereux, il porte sur ses épaules ce très beau personnage désespéré, écorché vif, en quête d'un amour impossible. L'acteur ne dévoile ses facettes que petit à petit, tranquillement, de la première scène (une séquence assez hilarante au bordel) jusqu'au plan final, où toute sa puissance éclate enfin. Bref, voilà un grand film, osons le mot, toujours intelligent dans sa mise en scène, toujours subtil dans son scénario, et qui ne cède jamais aux facilités du genre (pas d'hystérie de violence ici).

Si mes calculs sont bons, le 3ème opus devrait être une splendeur.   (Gols - 21/07/07)


1158909984_DivXPlanetOn retrouve donc Tonny qu'on avait quitté avec le crâne fracassé dans le premier tome. On sent qu'il a bien morflé et cela nous vaut un des dialogues les plus puissants du film:

- Ca va tu t'en es remis?
- Certains m'ont dit que j'avais des trous de mémoire parfois...
- Ah oui qui ça?
- Je m'en souviens pas...

Bref, toujours un parfum de déconne dans l'air même si ici l'essentiel du film se concentre sur les rapports père/fils, et la responsabilité qui va avec. Oui le père de Tonny considère ce dernier comme le roi des branleurs et cela donne lieu à une séquence d'une énorme intensité lors du mariage de Ø (oui c'est bien son nom - pratique le stylo à bille parfois), un de ses employés: le père dans son speech, après avoir descendu en règle son con de fils, dit à son employé qu'il le considère, lui, comme son fils; il faut voir la mine complètement écoeurée du Tonny pour savoir qu'on ne pourra pas en rester là et qu'un drame va se jouer dans la nuit. A mesure que le père piétine le Tonny de son mépris, ce dernier prend conscience de sa responsabilité par rapport au bébé qu'il vient d'avoir et qu'il a traité jusque là comme une chose tout au plus décorative. Ce basculement psychologique qui se fait vers la fin du film est réellement imparable, d'une grande virtuosité dramatique. Refn montre qu'il ne sait pas seulement régler les scènes d'action et soigner le rythme mais qu'il est capable de nous faire plonger tout autant dans les affres et les doutes de ses personnages. Décidément remarquable et bien dommage que le troisième opus semble un peu en dedans... Mais là je reste tout de même curieux.   (Shang - 05/09/07)

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