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La gare de Rome, une Américaine (Jennifer Jones, bien sans délire de la foule) quitte le beau Montgomery Clift pour s'en aller rejoindre son mari aux U.S... Elle voulait partir en catimini mais son beau vient la rejoindre pour passer une ultime heure sur les quais.

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On aurait bien voulu l'aimer ce film - c'est De Sica tout de même, des dialogues du Truman Capote, il flotte dans l'air un sentiment de romance impossible, c'est l'Italie... - et pis c'est marrant mais le film reste justement au niveau... des quais. Ils ont beau se parler, se défendre de leur choix, s'avouer leur amour, s'embrasser en cachette dans un wagon, subir le zèle d'un policier à cheval sur les principes, combattre, tenter de résister, de vaincre ensemble avant d'aller chacun de leur côté... et ben nous aussi, on peine vraiment à accrocher. Peut-être que cela est un peu surfait parfois -De Sica peuple sa gare de personnages originaux, voire de groupes felliniens (des Français avec la cocarde, des bonnes soeurs...) - à l'image de cette distribution de chocolat à trois pov' bambins sur un banc, du néo-réalisme tendance un peu facile... Il manque un "coeur", je ne sais pas, un peu de nerfs à l'ensemble et les regards hagards du Clift pendant toute la seconde partie du film ne font rien pour aider à y croire. Une séparation quoi, très attendue, et un peu à l'eau de rose. Un poil superficiel peut-être aussi - un peu agaçant le fait qu'un Italien sur deux parle anglais... même 50 ans plus tard on y croirait pas... Bref, quelques coups de violons mais de de quoi en faire une symphonie.

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Selznick a remonté le film en en coupant bien 20 minutes, surtout dans les scènes du début où l'Américaine veut alerter le Clift sur sa décision de partir - comme s'il avait senti également qu'il fallait "resserrer" l'intrigue, se focaliser au maximum sur le couple. Pas persuadé que le résultat soit meilleur (au contraire même et puis ne serait-ce que "pour le principe" - c'est d'ailleurs pour cela que j'ai regardé la première version de De Sica). Le Vittorio est capable de tellement de grandes choses mille fois plus émouvantes...