Difficile de comprendre quoi que ce soit à la trame de Number Seventeen. Est-ce parce que le scénario de421645 base était par lui-même déjà brumeux, ou parce que Bouddha échoue à rendre lisible son intrigue ? En tout cas, le film est un foutoir impossible, entre vol de bijoux, fausses identitées, cadavres qui ne le sont pas, vague histoire de clandestins et ambiance à la Stevenson, on n'y comprend goutte. Du coup, on décroche rapidement, et on se concentre sur la technique, qui, encore une fois est exemplaire.

Constitué de deux parties très distinctes, le film commence par un huis-clos étouffant. Dans une maison abandonnée, les personnages se croisent, se mettent sur la gueule, parlent à demi-mots, se menacent tour à tour avec des flingues, et ont une tendance lassante à s'enfermer dans la salle de bain et à se ligoter sans vergogne. Hitch a bien revu les classiques de l'expressionnisme allemand, et cette partie est remplie d'ombres inquiétantes, de contrastes tirés au maximum, de grands angles, de caméra qui tournicotte le long d'un escalier baroque. Même si tout ça reste brumeux, on s'extasie devant l'ambiance que Hitch arrive à planter. Il y a aussi l'apparition désormais mythique des menottes, et du c421578ouple attaché ensemble (presque toute la filmographie du gars s'en ressentira), qui donne un cachet "collector" à ce film. Enfin, le son est utilisé en dépit du bon sens, mais parvient justement par son étrangeté à ajouter à l'atmosphère hors du monde de cette maison. Musique tonitruante quand rien ne se passe, silence dans la longue bagarre : les sons sont en constant porte-à-faux avec ce qu'on voit à l'écran, et l'expérimentation est payante. Les premières minutes du film, dans lesquelles Bouddha renoue avec son génie du muet, sont bluffantes : un long travelling sur un chapeau poussé par le vent, puis on continue le mouvement le long d'une façade pour s'arrêter sur un panneau "For sale" et une lumière intrigante derrière les murs. On entre dans la maison, et c'est alors un chassé-croisé d'ombres et de lumières, tout ça sur différents étages. Magistral.

La deuxième partie, encore plus confuse, est le plus bel exemple de l'amour d'Hitchcock pour les maquettes. Le gars lance des petits trains à toute vitesse, fait rouler des cars comme des bolides, jusqu'à ce queno_17 tout ça se noie dans une mer de 3 cm de profondeur. Cette partie-là, pratiquement privée d'acteurs (ils n'ont pas grand-chose à jouer au milieu de cette furie de bruits), est magnifiquement cheap, comme filmée par un gosse dans sa chambre. Dommage qu'au niveau du montage, le talent ne suive pas toujours ces rythmes rigolos comme tout.

Pour conclure, euh... un petit grand Hitch.

 

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