Grand plaisir de voir que David Fincher a plus ou moins laissé tomber ses tics d'ado pour commettre ce film à18760980_w434_h289_q80 l'ancienne, modeste et efficace comme ont pu l'être les Lumet ou Siegel de la grande époque. On n'aurait pas parié très cher, à l'époque de Fight Club, sur l'avenir du garçon ; eh bien le voilà qui fait son retour par la petite porte, qui semble lui convenir beaucoup plus.

Ici, à part une ou deux mauvaises idées dans lesquelles on reconnaît le crâneur d'antan (une tour qui se construit à toute vitesse pour montrer le temps qui passe (naze), ou un une salle de rédaction où les lettres d'un serial-killer envahissent le décor (too much)), on a droit au r18760982_w434_h289_q80écit haletant d'une enquête, qui montre un vague dessinateur du San Francisco Chronicle traquer jusqu'à l'obsession un tueur pas cool. Même s'il ne se passe rien ou presque côté action, Fincher arrive à nous tenir en haleine sur plus de 2h30 par la précision de ses détails, par les multiples rebondissements de son intrigue, et par des personnages tout simples mais joliment dessinés. On finit par marcher dans les traces des enquêteurs avec la même exaltation, d'autant que le réalisateur a la politesse de ne pas nous précéder, de nous traiter d'égal à égal avec ses personnages. On découvre l'histoire en même temps qu'eux, un vrai plaisir, ça s'appelle le18701433_w434_h289_q80 respect, et ça avait tendance à méchament disparaître du cinéma yankee depuis quelques temps.

Côté mise en scène, c'est très class, très sobre en même temps que parfaitement rythmé. On s'attend sans arrêt à voir débouler Robert Redford ou Dustin Hoffman, tant Zodiac rend admirativement hommage aux grands films d'enquête des annes 70, jusqu'à citer textuellement Dirty Harry ou William Friedkin. Porté par des acteurs tout en finesse (surtout Mark Ruffalo, grand acteur école Fonda), par une photo taquine dans son côté démodé, et par un montage serré et "invisible", ce film est indiscutablement, et de loin, le meilleur de son réalisateur, et redonne confiance dans les vertus de la maturité.   (Gols - 25/06/07)


zodiac4L'ami Bibice semble déjà avoir fait le tour de la question: il y a un petit côté Les Hommes du président en sur-vitaminé qui rend le récit relativement haletant -superbe montage- sans jamais tomber dans une facilité de la violence - en dehors de la scène d'ouverture et d'un coup de feu tiré à bout pourtant qui charcle grave; Fincher propose dans la foulée un plan d'ensemble de la même scène comme si lui-même avait pris le parti de prendre du recul par rapport aux effets spectaculaires - et ça fonctionne parfaitement. Finis également les éternels flashes forward ou backward pour emmêler inutilement un récit qui possède son propre moteur - un peu gavé de tous ses films qui brouillent 300 fois les pistes avant une fin qui tombe à plat.

Du côté des acteurs, je ferai pour ma part un petit clin d'oeil à Robert Downey Jr qui même si son personnage tombe une nouvelle fois dans l'alcool ou la drogue est ultra convaincant dans ce rôle de journaliste un peu à la ramasse.

Moins d'éclats, plus de classicisme, comme si la réussite des séries télé aux Etats-Unis poussait les films Hollywoodiens (ceux qui se respectent tout du moins) vers plus de rigueur formelle. C'est pas moi qui vais m'en plaindre.   (Shang - 18/07/07)