17 juillet 2007

Ali Zaoua prince de la rue de Nabil Ayouch - 2001

69197492_ph3_w434_h289_q80Je n'ai pas vu beaucoup de films marocains, le Maghreb n'ayant visiblement pas l'heur d'emballer les diffuseurs français. Alors je ne sais pas si c'est le reflet de la réalité ou si ne filtrent de ce pays que deux sortes de films, mais le fait est : on a l'impression que les cinéastes marocains n'ont le choix qu'entre chronique d'une ruralité ardue ou portrait d'une enfance urbaine délaissée. Ali Zaoua prince de la rue fait partie de la seconde catégorie, et force est de reconnaître qu'on l'a déjà vu 200 fois, pour peu qu'on ait vu 200 films marocains.

Or donc, voici le portrait d'un groupe d'enfants abandonnés dans les rues de Casablanca, avec son lot de sniffages de colle, de bagarre de gangs, de débrouilles, et de jolis rêves69197492_ph4_w434_h289_q80 d'évasion. Non que le film soit raté, c'est plutôt joliment raconté et parfois assez touchant, mais on dirait bien qu'Ayouch n'a pas grand-chose de plus à raconter que ses pairs. Seul le point de départ est ici intéressant : le héros du titre meurt dans les 3 premières minutes, la trame étant constituée des efforts de ses copains pour l'enterrer et perpétrer sa mémoire. On sent tout ce que ce cinéma a à voir avec le néo-réalisme italien, dans sa véracité forcenée, dans son mélodrame, dans ses décrochages poétiques (un dessin animé vient jalonner le film), dans son amour des petites gens et des enfants. Bien photographié, bien joué, relativement bien écrit dans son déroulement, parfois convaincant dans son 69197492_ph1_w434_h289_q80lyrisme contemporain (le choix des musiques ou ces très belles vues aériennes sur la ville), Ali Zaoua manque pourtant de tout ce qu'il faut pour sortir du lot : un autre regard, une personnalité. On est souvent à deux doigts des clichés (le petit garçon qui rêve de s'évader dans une île à deux soleils blablabla), et malgré la sincérité évidente du cinéaste, qui ose affronter la dureté du monde contemporain, on reste dans le joli et l'illustratif. Mieux vaut revoir le splendide et difficile La Cité de Dieu pour avoir un vrai portrait de l'innocence bafouée.

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