Oui, je sais, je sais : j'avais promis, après mon affliction devant le deuxième opus de la série, de ne pas aller10f voir le 3, qu'il faudrait me payer, tout ça. Mais bon : d'une part, j'ai pas à me justifier ; d'autre part, j'étais fatigué et accompagné par une très motivée à qui on ne peut rien refuser. Saw III, donc...

Franchement, c'est pas pire. Je relève même un léger mieux dans le scénario, avec un coup de théâtre final assez finaud, d'autant que Bousman a mis son point d'honneur, on s'en rend compte à la fin, à brouiller les pistes pour nous surprendre vraiment dans les dernières minutes. A part ça, eh ben c'est pas pire, donc, mais c'est pas mieux non plus : même réalisation clippeuse et enervée qui rend illisible la plupart des scènes, même direction d'acteurs hilarante (mais c'est pas grave, ils meurrent tous dans les minutes qui suivent), même foutage de gueule au niveau montage, lumières, décors et détails de la trame. A chaque piège machiavélique inventé par le méchant (qui l'est de moins en moins, saw_3_0méchant, à force de caricature faussement philosophique et de rictus), on voit environ 94 façons de s'en tirer pour la victime, mais elle, non, et elle finit la cage thoracique déchirée, la langue coupée, explosée en mille morceaux, etc. Jusqu'à une jolie jeune femme toute nue qui finit gelée, mais sans qu'on voit le baton. C'est la loi des séries : il faut surenchérir dans le gore, et Bousman ne s'en prive pas. Malheureusement, à chercher l'horreur totale, il finit par devenir purement technique, oubliant que la peur et l'horreur viennent aussi d'une certaine poésie. Découper un crâne à la scie circulaire, bon, ok, mais filmée de façon aussi frontale, la scène perd en intensité, et on se contente d'essayer de deviner avec quoi ils ont fait le sang. D'autant que la douteuse fascination de Bousman pour la violence finit par devenir limite : dans Saw III, il ne s'amuse plus (autre sine qua non du bon film gore), il jouit. Gênant. Bref, c'est très mauvais. Promis juré, j'irai pas au IV.