Pour cette fois, le bon Robert a un peu de mal à passionner, tant ce Kansas City ennuie à tourner autouraffiche_1_medium de multiples pots sans jamais en choisir un. Ni comédie (ce que semblerait indiquer le jeu de Jennifer Jason Leigh), ni satire politique (ce qu'induit le contexte du film, jour d'élections américaines), ni polar noir (on a pourtant droit à notre lot de chapeaux de feutre, de gangsters à guêtres et de pépées blondes), ni film de jazz (malgré les nombreux décrochages uniquement consacrés à la musique), ni critique sociale (bien que l'un des sujets semble être les rapports entre Blancs et Noirs dans l'Amérique des années 30), ce film est un peu tout ça à la fois, mais sans jamais exploiter un filon jusqu'au bout. Du coup, on cherche un peu quel est le thème, ou le fond, et on regarde ce film certes plaisant avec l'impression que le réalisateur s'est absenté pendant le tournage. Reconstitution historique assez scolaire, difficulté à relier des sous-trames et des personnages divers, curieux laisser-aller sur certaines scènes... on cherchera en vain le cinéaste démiurge de Short Cuts. Plusieurs histoires sont entamées avec intelligence (une ado black venu à Kansas City pour accoucher, des réseaux politiques troubles en opposition avec la pauvreté des couches populaires, une femme de la haute confrontée à la misère...), puis abandonnées sans vergogne en cours de route. D'autres idées sont étirées jusqu'à l'ennui (la torture psychologique du patron de casino sur un gangster du dimanche), alors qu'Altman aurait dû les lâcher bien avant. Restent quelques éclairs : la photo du film, très belle, les décors assez fins, et Miranda Richardson en clône de Julianne Moore dans Far from Heaven, qui tient bien la route. A part ça, un minuscule Altman, trop allangui dans ses pantoufles pour déclencher la moindre émotion.