12 juin 2007

El Topo (1970) d'Alejandro Jodorowsky

Le grand problème avec les années 70, c'est qu'esthétiquement et "spirituellement" beaucoup de films morflent méchamment avec l'âge. Ce western sauvage déjanté qui bénéficia à l'époque du soutien et de la pub de John Lennon frôle souvent le n'importe quoi -surtout la fin- et fonctionne avec des ficelles grosses comme Carlos.

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Un barbu gainé de cuir avec son gamin à poil règle son compte à un général qui a décimé un village (4 tonnes de sauce tomate, au moins) - il lui coupe le zigouigoui et l'autre de se suicider dans la foulée; ensuite il lâche ElTopole gamin et part avec une franciscaine pour descendre les quatres "gachettes" du désert: un brahmane que les balles transpercent, un artiste du cuivre (?!), un éleveur de lapin et un vieil ermite spécialisé dans la chasse au papillon (je sais pas trop ce qu'il fumait à l'époque, si c'╬tait bon ou non, mais il est clair qu'il ne savait jamais comment s'arrêter...); comme il est rusé comme un renard du désert, il les flingue à tour de rôle mais là po de bol sa gonzesse s'avère lesbienne et se barre avec une autre (cela avait l'air encore plus compliqué, dans les années 70, les relations sexuelles...). Il se fait bouddha, se marie avec une naine (ah oui quand même) et décide de sauver tous les handicapés qui sont coincés dans une grotte (Freaks en couleur et en nase, avec tout de même une mention spéciale pour le manchot qui porte sur son dos un unijambiste - les deux font la paire, si je peux me permettre). Dans la ville la plus proche, entre les rombières sado-maso, les bacchanales partouzardes et les vieux travelos, on s'ennuie pas une minute. Seulement quand ces "monstres" issus de l"imagination génétique" (dixit le Jodo) arrivent finalement en ville, ils se font tous flinguer et notre héros de les venger lors d'une tuerie sans nom....

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Si certaines scènes sont visuellement d'un surréalisme sauvage (l'arrivée dans le village génocidé, le cimetière de lapins (!), ces mares d'eau rouges, ces vieilles grosses sorties d'un film de Waters, ce baiser lesbien lynchien...), une bonne partie du film se barre grave en quéquette et on se dit que le Jodo ne reculait devant rien, sans avoir jamais peur du ridicule (les scènes clownesques à la fin sont du niveau 2 mois et demi d'âge...). Un OVNI cinématographique certes, mais soyez sans regret s'il ne croise jamais votre route.

Posté par Shangols à 10:39 - - Commentaires [5] - Permalien [#]



Commentaires sur El Topo (1970) d'Alejandro Jodorowsky

    Dommage

    Faites un bon film et ensuite critiquez les autres.
    Là, votre discours sera valable.

    Bien à vous

    Posté par Adanowsky, 14 juin 2008 à 12:50 | | Répondre
  • Eternel retour

    Argument bien entendu irrecevable, Adanowsky. C'est un débat qui est né avec la naissance de la critique, est-ce vraiment nécessaire d'y revenir ?...
    En plus, on voit que vous n'avez pas vu "Chut(e)s", le film réalisé par Shang...
    Bien à vous aussi.

    Posté par Gols, 14 juin 2008 à 14:01 | | Répondre
  • Eternel débat

    Faites une bonne critique et ensuite critiquez nos "critiques". Là, votre discours sera valable. Je déconne. Mais ouais "la critique est facile mais l'art..." (et je vous prie de croire que Gols est relativement cool avec notre bidouillage avec l'ami Bast*** - (chut! j'ai presque envie de dire) but we'll be back soon!), enfin cher adanowsky reconnaissez que cet argument vaut deux balles et je comprends le poil d'énervemement deGols (s'il faut peindre "aussi bien" que van Gogh pour pouvoir en parler, ca va être chaud) Ce qui me foudroie c'est que vous semblez renier par là toute l'époque des cahiers du cinéma (truffaut, rivette, rohmer...) pré-Nouvelle vague - je vous rassure on a pas le niveau mais les articles de Truffaut ou Godard garderaient toute leur valeur qu'il fasse ou non par la suite des films, bons ou mauvais d'ailleurs... Enfin bon, si ça vous fait plaisir - mais c'est dur, surtout sur ce film, d'autant que les autres oeuvres de Jodorowsky m'ont plutôt halluciné. Passons (Je joue po au football, je peux dire quand même qu'hier on s'est pris une belle branlée, nan plus?)

    Posté par Shang, 14 juin 2008 à 14:52 | | Répondre
  • Faîtes un bon film mais svp faîtes-le meilleur que celui-là...
    Découvert cette semaine, El Topo file direct dans la case "n'importe quoi". Cela dit, quand on en rend compte dans une note, c'est un plaisir de résumer le scénario. Comme pourraient dire beaucoup de personnages du film : "Les bras m'en tombent".

    Posté par Edisdead, 10 juillet 2008 à 17:16 | | Répondre
  • Intéressant de voir le fils défendre le père dans les commentaires. Je ne m'y attendais pas.

    Posté par Arsenite, 28 janvier 2013 à 03:38 | | Répondre
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