megker_nyitoCampagne hongroise 1889: les paysans organisent une résistance pacifique, à base de chansons troubadouriennes engagées (sur la musique de la Marseillaise), de discours laguillieriens et de danses folkloriques. L'armée, le clergé, les propriétaires terriens tentent tour à tour de convaincre nos amis ruraux moustachus de reprendre le travail, rieredpsalm_02n n'y fait; ces derniers gagnent même certains partisans à leur cause (faut dire, c'est po juste, les jeunes donzelles se mettent seins nus ce qui marque automatiquement des points); mais bon, arrive un moment où il faut plus déconner et lors d'une fête, les tirailleurs les entourent et tirent dans le tas. La rivière se teinte d'un rouge inquiétant qui rappelle les pires heures de la pollution du Hangpu à Shanghai.

S'il faut reconnaître à Jancso un art dans le planredpsalm_11 séquence -toujours interminables -, qui parvient à traduire parfaitement cette chaine de solidarité populaire, ou les va-et-vient constants entre les dominants et les dominés, il y a tout de même ici un côté lénifiant - pour ne pas dire léninifiant - dans ces ritournelles à la guitare et on finit par serrer des fesses en craignant un retour iredpsalm_13nopiné de Francis Lalanne qui profiterait de l'occase. Ces jeunes filles nues avec des colombes c'est "très beau très pur", ces chants partisans -les fameux psaumes rouges qui remplacent la parole conservatrice de l'Eglise- sont bien troussés, mais le charme inégalable de la narration poétique de Rouges et Blancs opère ici beaucoup moins... On brûle bien une église ce qui fait toujours plaisir et ajoute au spectacle, mais qui ne laisse échapper un bâillement est capable de regarder l'intégrale de Bela Tarr sans pause. Charmant mais un poil lancinant.