26Je veux bien donner une deuxième chance aux réalisateurs qui m'avaient soulé auparavant (et après les miteux Shallow Grave et Trainspotting du même Danny Boyle, c'est même une troisième chance), mais c'est à la condition qu'ils ne refassent pas les mêmes erreurs. Or, dans 28 Days later, Boyle patauge à nouveau dans les mêmes traces de pas, et ça finit par être embêtant.

Un gars se réveille sur une musique de John Murphy, après un coma, et s'aperçoit que Sarkozy est au pouvoir (c'est comme ça que je l'ai compris, moi) : il ne reste plus personne sur terre, sauf l'armée (et encore, ils sont plus que 9). Ben oui, un bête virus, répandu par des défenseurs des animaux (sympa), a une facheuse tendance à rendre le reste de la population un peu chafouine, genre je te vomis du sang partout en éructant des borborygmes peu amènes sur une musique de John Murphy. Le gars, après une errance sur une musique de John Murphy, rencontre une ch'tite famille à reconstituer, et combat les méchants zombies sous la pluie en disant yarrgh, et avec un rictus que n'aurait pas renié Schwarzy. Le tout sur des décors jaunes, et une musique de John Murphy. Il28_days_later_empty_street_small s'en sortira, et les producteurs pourront se taper une bouffe avec les gars de Pepsi et Benetton qui ont co-réalisé le film. John Murphy les rejoindra au café.

Tout énerve dans ce film : les velleités politiques semées ça et là (des allusions douteuses au 11 septembre ou au Sida), la piteuse morale americano-américaine du struggle for life, le jeu infâme de comédiens clicheteux, l'esthétique gerbatoire digne des clips ou des pubs des années 80, le total manque d'inspiration dans la mise en scène, le montage au petit bonheur de musiques "trop tendance" qui sont systématiquement des hiatus par rapport à ce qui est montré... Quant aux scènes d'horreur, elles sentent le 28_days_later_dark_run_smallmanque de moyens à 10 bornes, alors que ce n'est visiblement pas le cas, le générique de fin durant bien 47 minutes. Boyle évite soigneusement de nous montrer ses fameux zombies, se contentant de filmer chacune de leurs attaques dans un montage épileptique qui brouille toute lisibilité. On voit vaguement un acteur auquel on a collé des lentilles rouges agiter les bras en disant grouaarg, mais c'est tout. Un peu comme si on regardait un stroboscope en face pendant 30 secondes. Le film n'est même pas drôle, puisqu'il va de soi que Boyle est persuadé de raconter des choses vachement sérieuses, et demande à ses acteurs de prendre un air concerné pour nous aider à y croire. Boyle est naze et sans talent, définitivement.