spinaltap1Voilà un film on ne peut plus culte, et qui mérite effectivement ses galons. Même s'il est très inégal, This is Spinal Tap est franchement poilant, et beaucoup plus réussi formellement que son aspect potache ne pouvait le faire attendre. Reiner réalise un faux reportage sur un faux groupe de hard rock ringard et en perte de popularité, et il n'oublie aucun des poncifs du genre (encore en vogue aujourd'hui, regardez deux secondes la petite émission de France 2, CD'aujourd'hui pour le vérifier).

Tout y est, du leader mégalomane et brumeux dans ses intentions au guitariste qui se prend pour Morrison, du bassiste sur-shooté au batteur mille fois remplacé, du manager débordé à la nana d'un des musiciens qui veut tout remanier. On a droit aussi à l'interviewer concerné, aux concerts de salle des fêtes, aux concepts philosophiques nuls, aux costumes gothiques minables. Tout fait mouche, ou presque, d'autant que Reiner arrive la plupart du temps à rendre crédible sa farce, notamment dans les scènes de concert, très proches des films de l'époque. Même si quelques gags sont un peu too much (le chanteur quadragénaire qui a du mal à se relever après une pirouette ou la chorégraphie des nains pour exprimer le côté celtique du groupe), le film fourmille de petits détails vraiment bien vus (le manager qui ne quitte pas sa batte dSpinalTape cricket, les interviews creuses des gusses, leur références littéraires floues), avec, bien sûr, le célèbre sommet que constitue la scène des amplis : pour jouer plus fort, les gars ont gradué différemment les amplis ; les leurs ne s'arrêtent pas à 10, mais à 11. La tronche du guitariste quand le journaliste lui suggère qu'il suffit de jouer plus fort à 10 est à mourir (pour l'anecdote, mon pote Marc Ducret m'a dit que depuis le film, les amplis gradués à 11 existaient).

Bref, un moment assez fin malgré l'énormité du sujet, et finalement un témoignage convaincant d'une époque, qui renvoie tous les enfants du rock surranés à leurs vinyls.