18749926Eh ben voilà, c'est l'épisode de trop. On se doutait bien que la fragile subtilité bon-enfant des deux premiers opus reposait finalement sur pas grand-chose, et elle semblait même parfois présente sans que Raimi en ait vraiment conscience. Eh bien bingo : dans Spiderman 3, plus aucune profondeur, plus aucune occasion de sourire devant les crises d'acnée de son héros. Le film est bête, tout simplement, ou plutôt niais. Raimi a fini par choisir sa cible : les ados ; et du coup, il leur sert un feu d'artifice vain et grossier, à leur hauteur.

Après la découverte de la sexualité adolescente du premier18749924 épisode (j'appelle le gars Sperman, en secret), après la confrontation de sa propre morale avec la vie de famille du second, voici les mésaventures domestiques de Peter Parker. Bof. Cocu, et infidèle aussi, il passe les 2h15 du film à tenter de reconquérir sa donzelle. Du coup, les défauts des précédents opus (les acteurs, la guimauve) ressortent ici à mort. Il faut bien le dire : on n'en a un peu rien à foutre des sentiments niaiseux du gars, et on soupire d'ennui devant ces scènes mièvres et mal jouées de jongleries amoureuses interminables. Pour Raimi, l'étudiant moyen est un 18737058gars qui sourit béatement sans arrêt et rêve de bague de fiançailles offert dans des restos italiens.

Bon, mais c'est pas tout. Les journées de Spiderman sont bien remplies, puisque en plus de ses démélées sentimentales, il doit faire face à un type fait en sable, à un clone ricanant et jaloux qui veut lui faire sa fête, à un truc immonde et gluant qui le transforme lui-même en méchant, à son meilleur pote qui veut venger son père, à une histoire de vengeance (il veut zigouiller le type qui a tué son oncle...). Bref : à trop multiplier les18737059 trames, Raimi nous sort un film boursoufflé et indigeste. D'autant que ses habituelles inspirations esthétiques sont ici mises au panier : là où les deux premiers opus plongeaient les scènes d'action dans des décors crédibles et joliments intégrés (la scène du métro dans le 2, les accrobaties entre les tours new-yorkaises), on a droit dans le 3 à des décors impossibles à la Matrix, purement virtuels et abstraits (barres de travaux, souterrains improbables, grandes toiles d'araignées, appartements en friche) qui déréalisent complètement l'action. Comme dans 18659200King-Kong, on finit par se lasser de voir deux images virtuelles se fritter sur un décor virtuel, et on s'endort paisiblement.

Seule une scène arrive à rappeler les inspirations passées : Spiderman, qui reçoit les clés de la ville, et qui ne sait plus comment gérer son mythe, est obligé de reproduire pour les caméras ses coups d'éclats d'antan (notamment le fameux baiser à l'envers). Voilà peut-être la direction vers laquelle doit se diriger Raimi s'il veut faire échapper sa série à l'usure et au puéril : vers un "méta-film", un truc à la Scream qui utiliserait ses propres images pour en proposer une critique, comme un contre-champ. Mais bon, je crois que je rêve, là.