18748900Le gros problème auquel sont confrontés les réalisateurs de films d'horreur aujourd'hui, c'est qu'il y a eu d'autres réalisateurs de films d'horeur avant eux. Dès lors, leur choix est limité : soit on s'inscrit "contre", et on livre une critique du genre ; soit on rend hommage, et on baisse respectueusement la tête.

Nacho Cerda semble avoir choisi la deuxième option : son film est rempli de clins d'oeil à ses glorieux prédecesseurs, voire de simples copié-collé. The Abandoned apporte son lot de vieille maison abandonnée Hitchcock), de morts-vivants aux yeux blancs (Romero), de rapports familiaux sombres (Cronenberg), de forêts épaisses (Blair Witch) et de lampes électriques qui tombent en panne (The Descent). Le souci étant bien sûr que ce film n'apporte pas grand-chose de plus à18737865 ses modèles. On est certes dans le tiers supérieur du panier, grâce notamment à une photo très inspirée, mélange de références gothiques à la Shelley et de jeu vidéo à la Silent Hill, et à un scénario qui ne se contente pas d'aligner les cadavres sanguinolents. Mais l'ensemble reste dans le domaine du plaisant-sans-plus. Cerda, quand il trouve un effet qui lui plaît bien, le reproduit 400 fois, sans chercher à trouver d'autres biais pour inspirer la peur. C'est le cas de ces apparitions certes effrayantes de spectres lents qui sillonnent cette maison d'un pas lourd, voûtés, cassés ; c'est le cas aussi de ces faisceaux de lampes qui ne laissent apparaître que quelques éléments d'un décor crasseux, jusqu'à tomber sur LE détail qui fait sursauter. Ca fonctionne une fois, deux fois, et 18748899puis ça lasse.

On s'ennuie un peu sur la fin, quand le scénario a fini de dévoiler ses pistes et se contente alors de l'horreur pure. Cerda est sans conteste meilleur dans l'étrange que dans le gore, et sait mieux filmer des silhouettes lointaines et bizarres que des bouts de chair sanguinolents. Attendons son deuxième film pour vérifier s'il va vraiment renouveler le genre.