Ecrit en 69 par les "Katre mousquetaires" - Kon Ichikawa, Kurosawa, Kinoshita, Kobayashi -, on pouvait s'attendre à du lourd avec ce film finalement réalisé en 2000. Certes l'action est solide et un rien classique: un nouveau magistrat (surnommé Dora-heita, soit "playboy") connu pour ses méthodes irrespectueuses (s'embête point avec le protocole et aime bien accessoirement traquer la gorette) et expéditives (un as du sabre) débarque dans une ville pour mettre fin aux multiples trafics (prostitution, casino, alcools illégaux...) dans un quartier malfamé et à la corruption des gouvernants; en prenant le problème à bras le corps et à la racine (il vit plus la nuit que le jour), il va peu à peu confondre tous les responsables. Les trois big boss mafieux, après une ultime tentative d'intimidation (4367 type se jettent sur 4 mètres carré sur Dora qui les fout tous minables), finissent par se rendre respectueusement, quant aux gouvernants ils démissionnent en masse après les preuves de corruption produites (détruites mais reforgées par notre Dora). Il y a également une geisha d'Edo qui court aux basques de notre héros mais celui-ci ne lui revient qu'une fois sa tâche accomplie.

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Bon c'est carré, l'image couleur et la musique ne sont pas d'une grande virtuosité, peu de plans forcent vraiment le respect (un tête à tête entre le chef de la police et Dora avec les deux visages en gros plans qui se lancent dans un joli ballet; le combat final est filmé également en plan serré et si l'on est au plus près de l'action et du mouvement, aucune vue d'ensemble n'est jamais donnée et tourne vite court), l'interprétation de Kôji Yakusho est excellente certes mais tout cela manque un peu de brio et de véritables audaces - on se croirait presque retourné dans l'esthétique des années 70 ce qui n'est pas forcément une qualité. Pas au niveau de la réputation des quatres maîtres, ni définitivement des excellents Harpe birmane et Fires in the Plain ressortis récemment en dvd.

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