_006_791325Sur une histoire pas très passionnante (une fille de riche qui croit qu'elle est ruinée), Bouddha arrive à trousser un petit machin assez sympathique, grâce à ses idées visuelles qui s'affinent de plus en plus en cette année 1929.

Ca commence par une scène de bal vue à travers un verre de champagne (on imagine la grosseur du verre que les accessoiristes ont dû avoir à construire) qui fonctionne très bien, d'autant plus que cette idée est purement gratuite, n'ajoute rien à l'action, est uniquement là pour le plaisir de la virtuosité. Ca se poursuit avec un baiser en caméra subjective (beurk), par un ivrogne qui arrête de tituber dès que le bateau tangue, par des jeux de regards très bien montés entre Betty_002_745450 Balfour (mignonette) et son jeune éphèbe, par des exemples de montage au taquet lors d'une longue scène de cabaret, par des travellings magnifiques (dont l'un sur un vol de bijoux à l'arraché, qui dure 5 secondes mais qui équivaut à 3 minutes chez n'importe quel autre cinéaste)... Bref, on en prend plein les mirettes très souvent, Hitch fait son gamin et s'amuse avec sa caméra faute d'avoir quoi que ce soit à raconter.

Côté acteurs aussi, on est bien servis. C'était l'époque où on demandait à Bouddha de faire dans le comique, et du coup la distribution est au diapason : Balfour est craquante de petites a_20Alfred_20Hitchcock_20Champagne_20DVD_20Review_20PDVD_008mines impossibles, mais il y a aussi un maître d'hôtel chaplinesque et parfait, et le père de l'héroïne bourré de tics est pas mal non plus. Même si Champagne est très léger, Bouddha parvient tout de même à pointer quelques-uns des thèmes qui feront sa gloire plus tard : la déchéance (déjà abordée, en mieux, dans Downhill), les rapports père/fille, assez subtils ici, et surtout une vision des rapports amoureux déjà très sombre : dans ce film, les hommes sont libidineux et bavants devant les femmes, qui sont elles légères mais innocentes victimes des rapports de sexe déviants. On ne compte pas les plans de regards dominateurs (le vilain est affreux et dégoulinant), ou de danses effrénéeschampagne (diable, à cette époque on faisait de l'épilepsie un art) où les femmes sont entraînées par les hommes à des gigues infernales. Bon, on n'est pas encore dans le grand Bouddha, mais il pose les jalons.

(Voilà, et moi je pars à l'autre bout du monde pour une semaine, alors soyez sympa avec Shang)

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