Je n'ai pas vu le premier opus de Wes Craven, dont cette version 2006 est le remake (mon camarade l'a vu,18465110 et c'est ), mais je crois pouvoir dire que cette dernière est moins bien. Ce qui pouvait passer pour une critique de l'adulation yankee pour le nucléaire, dans les années bab-cool 70's, a perdu aujourd'hui beaucoup de sa subversion. Et ce n'est pas en faisant chanter à ses monstres le "Star spangled banner" que le gars Aja arrive à livrer un quelconque discours politique avec ce film.

Alors, bon, on se console avec le gore. Mais là aussi, c'est décevant : après 45 bonnes minutes de rien (et n'est pas Craven qui veut, qui effectivement arrive à rendre palpitants les moments de creux, de suggestion, de hors-champ), on voit enfin se pointer le danger : des acteurs qui ont loué leurs maquillages à "Tout pour la Fête" et qui s'amusent avec des hâches cradouilles et des tournevis rouillés. Ils ont une tendance peu saine à manger le cadavre de la maman du héros, à rigoler bêtement avant de finir à coup de pioche un des acteurs principaux, et à enfermer les autres dans des caisses pleines de membres sanguinolents façon puzzle. Aja, sans inspiration 18480708véritable, meuble entre les pics de violence en faisant passer de temps en temps les éternelles silhouettes louches sur fond de musique flippante, en faisant pleurer des chiens, en montant des bruits de glotte ou de bavouille sur n'importe quelle image. C'est pas effrayant du tout, on finit par savoir deux minutes à l'avance quel va être le prochain effet, et on regarde passer le temps (1h48 ça peut être très long.)

Alors, bon, on se console avec le second degré. Mais non, là aussi, à côté : mise à part une fin qui rappelle les exagérations18461387 poilantes du Sam Raimi de Evil Dead 2, on a l'impression que Aja ne comprend jamais la somme d'humour qu'il faut avoir pour réussir un film de genre. Son film est trop sérieux, s'y croit à mort, alors qu'il nous a laissés depuis bien longtemps sur le bas-côté de la route. Faut dire aussi que Alexandre Aja est le fils d'Arcady, je veux pas balancer mais bon.

Alors, bon, on se console en regardant un autre film...