18746843Voilà un petit documentaire qui fait chaud au coeur, honteusement d'extrême-gauche, délicieusement foutraque, qui remet à l'ordre du jour des notions aussi importantes que l'auto-gestion, la révolution, le marxisme, la lutte des classes et les toilettes sèches.

Volem rien foutre al païs parle de la consommation à travers des témoignages de gens qui ont décidé de s'opposer à elle, et de refuser le travail. Punks cultivant leurs jardins, collectifs espagnols brandissant des tracts anti-libéraux, communauté devisant de révolution en buvant des alcools douteuses, bricoleurs faisant tourner leur voiture à l'eau de source, journalistes demandant à Alliot-Marie de faire intervenir l'armée pour déloger des RMIstes, squatteurs hilares, voleurs fiers de l'être, tout un petit monde parallèle est filmé par Pierre Carles et ses complices pour démontrer la possibilité d'une économie autre. Et c'est furieusement jouissif. Quelques formules magnifiques : "Je travaille pour payer ma voiture, je paye ma voiture pour aller au travail", "Argent gratuit !", "Ce n'est pas de travail dont j'ai besoin, c'est d'argent", "Je laisse l'Etat dans les chiottes où je l'ai trouvé en entrant"; des images d'archive judicieusement montées (Sarko, Seillière, Pompidou, tous effrayants) ; des extraits du joyeux L'An 01 de Doillon ; des réflexions politiques pointues (les 12 statuts du prolétaire, il faut pas rater ça)... Carles mélange tout pour le meilleur et pour le pire. Certaines séquences sont parfaites de justesse, d'autres ne rajoutent pas grand-chose au schmillblick, d'autres encore auraient mérité un18743711 contrepoint. Peu importe : c'est justement le désordre libertaire du film qui en fait sa qualité, et sa mauvaise foi assumée.

Niveau réalisation, on est là aussi dans l'amateurisme le plus complet, avec des cadres qui partent en sucette (tous les interviewés sont coupés à mi-front, un peu soûlant), mais encore une fois ce côté "pris sur le vif" fonctionne très bien. On n'a qu'une envie en sortant de ce truc nécessaire et anar : faire la Révolution, et s'installer des toilettes sèches. Volem encore !