S'il y en a un qui ne s'est jamais pris au sérieux dans le petit monde du ciné fantastique, c'est bien Johndeer_woman_230 Landis, le "faiseur" des années 80. Deer Woman est très drôle, très simple, et un des meilleurs épisodes de la première saison des Masters of Horror. Attention, on est très loin de la profondeur théorique des films de Carpenter ou de Dante, mais malgré son vide absolu au niveau scénario (une femme-cerf déchiquette des hommes, mmm), le film est jouissif dans sa façon de se foutre complètement de la gueule de ses personnages, et dans son retour finalement assez émouvant sur le genre.

Le personnage principal, interprété hyper-finement par un acteur au huitième degré, Brian Benben, doit autant à Dashiel Hammett qu'à Bill Murray. Confronté à une série de meurtres inexpliquée, il émet dans un demi-sommeil dépressif des hypothèses sur ce qui a pu se passer. On a alors droit à 5 minutes de pur bonheur kitsch, où Landis utilise un mauvais goût qu'aurait renié Roger Corman, pour livrer une série de reconstitutions des faits toutes aussi fantaisistes et nazes les unes que les autres. Bel hommage au genre, qui trouve son apogée, une fois l'affaire "résolue", dans la dernière réplique : deer_woman"C'était donc ça", dit le pauvre gars massacré par un cerf. Le reste du film est dans la même veine, franchement poilant, dénué de toute trace de prétention esthétique ou psychologique, uniquement voué au plaisir de la commande. Pourtant, Landis ne manque pas de savoir-faire, il le prouve dans la première séquence rythmée au petit poil, dans laquelle les sons et le cadrage participent finement à l'angoisse : après une série de râles assez affreux, le gars commence un travelling avant sur la porte d'un camion (derrière laquelle semble se dérouler le drame), puis l'interrompt en pleine course par un mouvement contraire qui envoie valdinguer ladite porte sur le public. Landis prouve ainsi qu'il aurait le pouvoir de nous faire réellement peur, mais qu'il préfère nous faire marrer avec son scénario fantasque. Une fois le mystère dévoilé, il termine son film sans en tirer une quelconque leçon morale (enfin un réalisateur d'horreur qui n'a pas de message fumeux !) ou psychologique. Rien que du plaisir. Quel taquin, ce John.