Très poilant, ce pe3tit film à l'ancienne montre une fois de plus le savoir-faire très pro d'Argento, à qui on ne la fait pas pour ce qui est de faire du gore. Le scénario de Pelts est pas loin d'être nul, mais peu importe : ce qui compte, c'est le mauvais goût totalement assumé du Dario, pas avare en hémoglobine et en bocaux de tripoux. D'accord, on peut voir dans le film une prise de position contre les vendeurs de fourrure. Mais je crois que Pelts est plutôt une pure forme, un essai entre le gag et le happening, qui fonctionne souvent. Entre le gars qui s'arrache sciemment la tronche sur un piège à ratons-laveurs à la petite couturière chinoise qui se coud les yeux et la bouche, du tailleur qui s'ouvre le bide aux ciseaux au marchand verreux qui s'écorche lui-même, on a droit à des scènes certes peu amènes au niveau de l'hygiène pure, mais très marrantes dans leur côté frontal. On sent le pépère2 jubilant devant ses bras coupés et ses tripailles sanglantes, et c'est vrai que le surenchérissement fonctionne très bien. Les sons glauquissimes ajoutés par Argento sont immondes, on s'y croirait. Ca fait du bien de voir qu'un vieux briscard comme lui parvient à se moquer du genre, notamment à travers une scène de sorcière avinée où on frôle le n'importe quoi assumé. On hésitera certes deux secondes à caresser un raton-laveur après ça, mais bon c'est pas le plus grave. C'est le deuxième épisode réalisé par Argento dans la série des Masters of Horror, et pour l'instant, totale satisfaction.