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Et oui, les merveilles du cinéma japonais des années 60... Raah. Un champs dans le vent, un trou symbolique (on n'est jamais loin d'y tomber...), trois personnages et c'est parti pour un récit simple comme bonjour et cadré de façon sublime.

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Une femme âgée et sa belle fille, dans les temps bien reculés d'une guerre civile, doivent être prêtes à tout pour survivre: le mieux c'est encore de percer le corps à coups de lance de Samouraïs égarés dans ces hautes herbes, de piquer leur armure en échange de quelques sacs de millet, avant de les jeter dans un trou immense. C'est une vie, enfin une survie, relativement à la cool, entre deux lessives, avant qu'une de leur connaissance revienne: parti à la guerre avec le fils et le mari respectivement des deux femmes, cet homme barbu à moitié sauvage va réveiller le démon du plaisir chez la plus jeune; résistante au début, elle ne tardera point à voler la nuit à travers les champs pour rejoindre dans sa hutte celui qui la convie aux plaisirs de la chair. C'est pas du meilleur goût pour sa belle-mère qui après avoir exprimé sa frustration en faisant l'amour avec un arbre (d'autres l'ont bien fait avec la mer...) va se déguiser elle-même en démon pour effrayer la chtite plutôt naïve. Cette dernière parviendra tout de même par une nuit pluvieuse à rejoindre son amant avant que le masque se joue à son tour de la belle-mère en restant collé à son visage.

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Conte de sauvagerie et de désirs, histoire de survie et de violence, Shindo avec toute la simplicité de ses moyens nous embarque dans un récit avec de superbes envolées lyriques (les courses dans les hautes herbes avec des travellings de foooolie, les charclages des samouraïs, l'apparition effrayante de ce masque en pleine nuit) et des instants d'un minimalisme tout nippon (les deux femmes filmées de dos dans une même posture - du Ozu presque, les deux corps des amants reposant dans une demi-pénombre, des instants au bord de l'eau calmes comme la légère brise...). Ce qui impressionne le plus dans ce sublime noir-et-blanc, c'est peut-être la précision des éclairages, tous les visages et les corps se détachant magiquement dans ces nuits d'un noir à couper au couteau. Les cadres sont TOUS au millimètre, sur les plans larges (les deux samourais qui créent dans leur progression un trou béant dans les hautes herbes), comme sur les gros plans (le visage ou le corps de la jeune fille, Jitsuko Yoshimura, d'une grace et d'une énergie infantile comme je vous dis po, ou sur un poisson (ouais c'est moins poétique, j'avoue, mais précis j'ai dit) que l'homme ramène pour la séduire). Bref encore un enchantement dans la sublimissime collection Eureka (que des chefs-d'oeuvre plus ou moins à découvrir)- ou même Criterion (oui bon les sous-titres sont en anglais, raison de plus pour apprendre cette langue de barbares, eheh).

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