0107Huber2Ben oui, je sais, j'arrive en retard, je devais être le seul être humain à ne pas avoir vu Desperate Housewives, à l'heure où j'écris, la saison 12 est sûrement en train de passer, mais voilà, le fait est.

Plutôt sympathoche comme série d'ailleurs, sur les 4 premiers épisodes. Un mélange entre Carver et Dorothy Parker, entre Les Feux de l'Amour et le début de Blue Velvet, pas mal. L'ennui, c'est que la série devient de plus en plus Les Feux de l'Amour et de moins en moins Carver au fur et à mesure des épisodes. L'impolitesse gentillette du début fait long feu, et on retombe bien vite dans les ficelles habituelles du genre : rebondissements improbables, révélations fracassantes tous les 3 épisodes, mort de temps en temps d'un des héros, savant dosage entre énigmedesperate_housewives2 policière et critique de moeurs... Les 3000 idées de scénario (je veux bien reconnaître que les gars ont de l'imagination) ne tiennent pas sur la longueur. On sent que chaque épisode s'écrit sans vision globale de la série, au coup par coup, ce qui fait que plusieurs pistes intéressantes sont oubliées en cours de route par les créateurs. C'est par exemple une petite fille moche qui fait chanter une femme infidèle en se faisant payer des vélos, c'est une mère obligée de faire croire que son fils a un cancer pour s'inscrire à un club de gym qui affiche complet, c'est un mari branché SM qui a du mal à assouvir ses passions... la plupart de ces idées durent 2 ou 3 épisodes, puis sont étouffées dans l'oeuf pour se concentrer sur la trame policière, et c'est bien dommage. On finit par oublier le projet même de la série : dresser le portrait d'une société aisée, bourgeoise, satisfaite, pour en déceler la noirceur, le caractère insupportable, la dépression latente (le film commence sur le suicide sans raison d'une bourge).

ep101_02_360x240Ceci dit, oui, on regarde les 23 (tiens ?) épisodes de cette saison 1 avec plaisir, puisqu'il est évident que les créateurs connaissent exactement les recettes pour capter l'attention. Les relances sont placées comme il se doit, et on attend la suite, c'est vrai. Mais quand je me souviens de la fébrilité avec laquelle je me jetais sur chaque épisode de 24, je me rends compte que Desperate Housewives est bien tiédasse. Le quatuor d'actrices (qui surjouent à la limite de l'hystérie) est sympathique quand même, tout comme la réalisation très soignée et colorée, et le joli thème musical du toujours génial Danny Elfman. Mais pas assez tenu pour me taper la saison 2...