they2Toujours adoré ce petit bidule mal fagotté et rentre-dedans comme c'est pas permis. Attention, on n'est pas dans le film super léché, mais dans la série Z fauchée. Mais comme toujours, Carpenter arrive à s'extirper de ces contraintes pour exprimer ses opinions politiques proches de l'anarchie, ou disons de l'extrême-gauche, avec une maestria confondante.

Un type trouve des lunettes, les met, they3et du coup se met à voir le monde tel qu'il est : les affiches publicitaires dévoilent leurs vrais messages ("Obéissez", "Consommez", "Continuez à dormir"...), la télé laisse apparaître ses images subliminales réactionnaires, et surtout la plupart des gens se révèlent être des aliens décidés à prendre le pouvoir par la propagande (de droite, on est dans les années Reagan). Le gars en question décide donc de rétablir l'ordre en luttant, fusil mitrailleur au poing, contre les idées fachos des aliens. Et vas-y que je te dézingue du Conservateur à tour de bras... Sur cette trame improbable et jouissive, Carpenter s'éclate à bousiller toute vraissemblance de scénario pour se concentrer sur le seul discours politique, et sur la seule joie du chaos. Au milieu du film, il y a une bagarre d'une longueur hallucinante, qui n'a absolument rien à faire dans l'histoire, ce qui en fait un moment hors du temps. Voilà qui a dû faire grincer les dents des producteurs du film. Avec une totale liberté, Carpenter déroule son histoire, d'illogismes en anachronismes. L'aspect direct, frontal de They live fait merveille, c'est un vrai plaisir de constater quethey1 la seule marge de liberté esthétique qui existe dans le cinéma vient du cinéma de genre.

Les acteurs sont nuls, la musique aussi, le montage est au petit bonheur la chance, mais on s'en fout, comme on se fout des mêmes défauts chez Pasolini ou Ferreri, par exemple. They live est un vrai coup de poing engagé et rageur, un plaisir de chaque instant, et on s'installe tranquillement dans ce bizarre objet malpoli et courageux. Qui saurait faire un film aussi direct ? Depuis, personne, à part le Joe Dante de Homecoming.

tout Carpenter is bloody here