Hills_have_eyes_movie_poster_small_1_C'était vraiment pas une bonne idée pour cette bonne vieille famille américaine qui rejoint la Californie de chercher les chemins de traverse près d'une zone militaire d'essais nucléaires. Il fallait forcément s'attendre à quelque accident et d'ici qu'une bande de poilus hirsutes vous tombent sur le râble, il n'y a qu'un pas.

Cela fleure bon la bonne vieille série B des années 70, genre horreur du samedi soir... Mais on se rend compte rapidement que cela est assez réducteur car, au final, personne n'est capable de nos jours avec deux bouts de bambou et 3 morceaux de fil de fer de créer une telle atmosphère. Craven travaille à donf tous les bruits et les petites notes d'atmosphère jusqu'à s'en moquer lui-même (alors que le pater est perdu dans la nuit avec un "ouh-ouh" sifflant, il se rend compte que le bruit vient d'une pauvre cafetière dont il s'amuse à boucher le trou). Craven prend également le parti de ne rien nous montrer de ces monstres de la nuit (la meilleure partie du film) pendant une bonne heure, avant de tout laisser partir en quenouille dans la caravane (les puppets mènent vite 3 à zéro, petit massacre en règle) avant de se faire rétamer de jour (le type sur l'affiche a cela d'affreux, c'est que contrairement aux autres maquillés à la truelle, il est au naturel). Les chiens (Beast and Beauty...) s'avèrent une fois encore les meilleurs amis de l'homme car si l'un finit vite en charpie, l'autre massacre la moitié de ces tueurs atomisés, se révélant ainsi beaucoup plus finaud que notre famille américaine moyenne (avec en prime un Beatle période Sergent Pepper en guest star... si, si vous verrez). On a droit bien sûr à notre lot de crucifixion, d'explosion, de chair carbonisée et de cadavres hagards, mais l'on ressent toujours (ou c'est moi...) comme un léger ton parodique comme si Craven en faisant un film de genre qui fera date prenait plaisir à nous montrer déjà toutes les ficelles (toujours une pointe d'hystérie en trop, des petits traquenards qui foirent, ou encore une blonde qui a une idée). L'image, le montage, les acteurs ne sont certes pas au top mais l'esprit est là et c'est bien le principal.   (Shang - 08/02/07)


colline

Oui, ce n'est pas là le chef-d'oeuvre du genre, on est d'accord, mais j'ai retrouvé comme mon compère cette petite pointe d'humour larvée qui remporte quand même bien des points. On dirait que, tout en s'efforçant de foutre les chocottes et la gerbe à son public, Craven lui montre que tout ça n'est que pour rire. Que ce soit dans le camp des bons ou des méchants, tous sont crétins, tous sont ricanants et tous, au final sont monstrueux (on transformera même le cadavre de la grand-mère en bombe artisanale). Niveau style, Craven aimerait bien faire son Massacre à la Tronçonneuse à lui, avec ce que ça suggère d'ambiances glauques, de pellicule granuleuse, d'ambiances punk cracra et de bruits mouillés. Le scénario n'est pas plus développé que celui du maître Hooper, le film tout aussi avare en meurtres, l'attention concentrée sur la montée de l'angoisse plus que sur son assouvissement, et le "message" tout aussi basique : il fo pa alé la ou y a des méchan. Mais l'élève n'arrive pas à atteindre le maître, malheureusement, faute d'aller vraiment dans l'excès, dans le burlesque. Non seulement on n'a jamais vraiment peur, mais on n'est jamais non plus choqué, ce qui était la principale vertu du modèle. Même quand nos joyeux drilles suggèrent de boulotter un joli bébé, même quand le viol de la jeune première est consommé par un type au physique guère avantageux, même quand on crucifie un des protagonistes, on reste dans une forme d'acceptable, faute de mise en scène très claire, faute de mettre les deux pieds dedans comme le fit Hooper. Résultat : The Hills have eyes est presque familial, un genre de Famille Adams en plus sanglant tout de même. Le film, effectivement, monte (très) lentement en puissance, ménageant une première heure consacrée presque exclusivement aux errances des héros dans les collines, ou aux halètements des barbares dans des talkies ; mais quand la violence éclate enfin concrètement, Craven n'est pas vraiment là, plus occupé à foutre des zooms et à monter la chose façon épileptique qu'à travailler vraiment la peur. Dommage, car il avait trouvé dans la silhouette des méchants (ce type bizarre en fourrure) un côté vraiment grand-guignol et inquiétant, et dans les clichés de cette famille américaine moyenne le terreau idéal pour voir se dérouler nos fantasmes morbides les plus sophistiqués (mort aux WASPs). La colline a peut-être bien des yeux, mais Craven en a un peu manqué ici, et signe un film assez raté, sans éclat et sans soufre.   (Gols - 03/11/18)

THE HILLS HAVE EYES (1977) 9