18647318Mon souci avec Gondry, je vous le dis tout de suite, c'est que je trouve qu'il fait des films certes brillants et originaux, mais somme toute un peu vides. Impressionné sur le coup par Eternal Sunshine of the Spotless Mind, je me suis rendu compte que deux heures après, il ne m'en restait rien qu'un souvenir amusé. Comme quand on prend un acide, si vous voulez : le trip est bon pendant quelques instants, et puis, quand l'effet s'estompe, le monde redevient banal...

La Science des Rêves, en ce sens, est bien un film de Gondry. C'est un film très original, assez prenant, drôle, décalé, très étrange à tous points de vue... mais vide. L'idée de base est burtonno-ruizienne (je dépose le copyright du concept dès aujourd'hui) : un gars a du mal à faire la différence entre ses rêves et la réalité, et tout son univers pâtit de cette déviance : travail, amitiés, famille, et même amours se trouvent mélés dans un monde onirique branque. Le pauvre gars (Garcia Bernal, un poil déceptif) a pour lui quand même une imagination fertile : les séquences de rêves sont magnifiques. Gondry s'inspire visiblement beaucoup des films d'animation russes à la Svankmajer ou à la Starewitch, et la création visuelle est mignonne comme tout. On est très loin des effets spéciaux d'aujourd'hui, et on retrouve avec plaisir ce bricolage des premiers temps du ciné, où on fait la mer avec des papiers de bonbons et les nuages avec du coton. Gloire à Gondry d'aimer ce cinéma-là plutôt que King-Kong.

Mis à part ces moments très beaux, l'intelligence de mêler les langues (espagnol, anglais et français - ce qui18612902 augmente la perte des repères) et quelques traits d'humour amenés par un Chabat toujours parfait, le film est un peu terne. L'histoire d'amour entre le héros et Charlotte Gainsbourg est peu intéressante, et le film pâtit d'un rythme un peu saccadé qui lasse. Les acteurs semblent ne pas trop comprendre ce qu'ils jouent (Miou-Miou et Vaneck sont perdus totalement), même si on dirait qu'ils s'amusent bien. Et puis, une fois encore, on sort du ciné en se disant : bon, et alors ? Une pure forme, à nouveau. Agréable, sans plus. Et puis comment en vouloir vraiment à un cinéaste qui met en bande-son de son film le sublime "Coutances" de Dick Annegarn ?   (Gols - 21/08/06)


h_3_ill_803736_science_reves_1_Bon ben oui c'est raté, c'est bien gentil ce mélange rêve/réalité mais on croit po en l'un plus qu'en l'autre, les effets spéciaux de bric et de broc - russes ok, ça fait mieux, voire tchèques - sont certes ambitieux mais donnent encore plus une impression de carton pate au récit - le studio télé, on dirait un Almodovar de 1950. Les acteurs sont totalement en roue libre (et on a beau les aimer, ça laisse souvent pantois), po maquillés ou mal éclairés à tel point qu'on dirait les trucs que je filme dans ma chambre (en mieux ok, pour le son) et à part quelques pointes d'humour que Patrick Sébastien trouverait drôle ("J'ai pas besoin d'être un artiste pour laisser des traces", et Chabat de péter... quant au dialogue final entre Charlotte et Garcia Bernal, il est d'une telle vulgarité de potaches qu'on a honte pour eux tant on les aime, je me répète), on se demande encore à quoi se résume le scénario. Alors oui, on ne se prend pas au sérieux et on n'enchaîne dans un esprit clip "style 80 ou 90" les séquences oniriques désastreuses - j'attendais de voir Björk déguisée en ours dans les escaliers, mais finalement po de bol c'est tout le monde qui revêt de jolis costumes de chat - Jackass en moins poilant...  Terrible cette complaisance dans le n'importe quoi, pour tenter de nous faire toucher du doigt la magie d'une rencontre amoureuse qui n'ose se l'avouer. Gondry, tu mériterais une ptite claque des mains du Garcia Bernal pour un tel gâchis. Very disappointed.   (Shang - 07/02/07)