les_sans_espoir__1_Fin des années 1860, une partie de la population, genre desperado ou robin-des-bois, crève la faim, et ces brigands, ce sont les sans-espoir. Seulement le gouvernement est prêt à tout pour y remettre de l'ordre, et en prison tous les moyens sont bons pour que, à force de chantage et de pièges super rusés (fourbe le hongrois), chacun finisse par dénoncer tout le monde.

Unité de lieu: une vaste prison où tous les gars du pays semblent avoir été rassemblés, et un fort où les fortes têtes cagoulées sont réunis et tournent en rond, faisant passer Midnight Express pour une troupe folklorique. Pas facile de reconnaître un meurtrier quand tout le monde est moustachu, mais les gardes ont les moyens de vous faire parler. Bon, mon gars, tu reconnais ce meurtre, c'est bien, maintenant si tu veux éviter la pendaison, trouve-moi un pote qui en a tué plus que toi et tu seras libre. Au pied du mur, chacun y va de sa vieille feinte pour sauver sa peau, même si au final, tout bandit y perdra la sienne (soit en étant fusillé dans le dos après deux trois pas sur le chemin de la liberté, soit en étant étranglé par les prisonniers qui n'aiment point les moucharfazek06_1_ds). A cela, on peut aussi choisir le suicide, ce que font aisément trois types qui sautent du toit pour se fracasser la tête, plutôt que d'assister à la mise à mort de leur compagne fouettée sous leurs yeux plus drue qu'un yaourt bulgare. Un film noir -le transfert dvd n'étant point parfait au passage, certaines séquences étant plus en noir et noir qu'en noir et blanc, bref -, mais faut dire qu'avec le titre on s'attendait pas non plus à une danse de dragon (je parle pas du titre original qui marque quand même pas mal de points au scrabble, mais faut avoir le jeu). Moins stylisé que Rouges et Blancs, il y a malgré tout une froideur qui se dégage de l'ensemble aussi bien dans la forme (ces grands espaces infinis de campagne qui ne laisse aucune échappatoire même en courant super vite), que dans le fond (l'attitude très distante des responsables du camp qui arrivent toujours à leur fin - la fin est d'ailleurs d'un cynisme énorme) qui fera de Jancso un auteur internationalement reconnu.

szegenylegenyek_vesszozes_resize_1_Pour conclure, j'ai bien fait de lire la jaquette, ces quelques mots d'Emile Breton de L'humanité qui résume bien l'esprit du truc: "Une glaçante parabole sur les mécanismes du pouvoir et de la délation". Sarko devrait en faire son film de chevet, fidèle à ses origines (eheh).