Je ne sais pas si mon éminent collègue s'attendait à un film d'horreur pour le 500ème article de ce blog surpuissant, mais bon... En tout cas, on a droit à un chef-d'oeuvre, et je pèse mes mots. La série des Masters of Horror n'a pas donné grand-chose (à l'exception du Carpenter), mais là c'est du grand grand film.

158Le sujet est superbe : suite à une petite phrase balancée par un conseiller du Président ("si les soldats tombés au front ressucitaient, ils nous remercieraient"), les trouffions sortent effectivement de la tombe pour aller voter (ce qui s'est fait déjà sous Tibéri, mais passons). Rien ne les arrête, et ils meurent à nouveau une fois que le bulletin est dans l'urne. Sur cette trame passionnante et ravageuse, Dante tresse un scénario au petit poil, jubilatoire dans son engagement frontal et ravageur, magnifiquement monté dans toutes les répercussions qu'un tel sujet peut donner, drôle et féroce dans le traitement. Faut-il laisser voter les soldats ? Les utiliser ? Y a-t-il des soldats morts de droite ? A cette énorme farce politique, le scénariste ajoute en plus un subtil portrait intime du conseiller, dont les implications dans la guerre sont plus complexes qu'on ne croit, et un personnage très bien dessiné de présentatrice aux dents longues.

Côté mise en scène, c'est là aussi très grand : les lumières, le rythme et l'ampleur de la réalisation sont àhomecoming2 l'unisson. Dante convoque l'intégralité des films de zombies pour renouveler le mythe. Qu'est-ce que peut revendiquer un zombie dans le monde contemporain, sinon le droit d'être contre sa mort ? Question plus sérieuse qu'il n'y paraît, et que le bon Joe traite d'ailleurs avec beaucoup de sérieux. Même s'il n'oublie pas la farce qui a fait sa marque depuis Gremlins : on se marre pas mal dans Homecoming, notamment dans le quasi copié-collé d'une scène de Night of the Living Dead, ou dans les mille clins d'oeil adressés au cinéma de morts vivants (les soldats s'appellent Romero ou Jacques Tourneur). Le trait est énorme, et pourtant l'ensemble touche juste, et devient même assez profond au fur et à mesure du film. Dante a peut-être fait le film d'horreur le plus engagé, le plus rebelle et le plus frontal depuis They Live de Carpenter.   (Gols - 04/10/06)


aaf2bb6_1_C'était le 500 ème articles de ce blog (Allez encore un petit effort et on sera à 800 en 1 an) et je ne peux que me réjouir avec mon co-blogueur de ce véritable brûlot politique extrèmement jouissif. Des morts-vivants qui reviennent pour voter contre Bush, un ultime sursaut d'intellignece avant de s'éteindre définitivement (le vote comme mise à mort des zombies, fallait y penser, pétard), il s'agit carrément du film d'horreur le plus audacieux depuis longtemps (et l'hommage à Roméro est amplement mérité). Il y a du gore qui fait grincer les dents comme on aime (foutre 42 bastos dans un corps amputé pour montrer leur tenacité à aller jusqu'au bout de leur projet, c'est caustique tout de même) et l'on se dit que si ce film passait en boucle en période pré-électorale, celamastersofhorrorhomecoming pourrait pas faire de mal (oui bon, on aura droit à du Hillary Clinton, mais peut-on faire les malins avec notre Ségolène? Le XXIème siècle sera féminin ou pas... Je suis prêt à signer). A quand une version française sur le même topo (Les indigents morts-vivants, un film sur l'après-Algérie...), la version Corse existant déjà. Dante n'y va pas par quatre chemins et casse du conservateur avec une jouissance extrème - une certaine réalité contre des petites phrases assassines, avec Sarko en guest star, on fait péter la baraque. Qui pourrait bien encore avoir l'audace de faire ça en France? Costa-Gavras?... C'est dingue comme parfois on peut avoir l'impression du manque de courage du cinéma français.   (Shang - 03/02/07)