042553_afParmi tous les genres et sous-genres du cinéma, il en est un qui me révulse particulièrement : le film concerné, autrement appelé film-Télérama. Claire Dolan passe par tous les défauts du genre, en plein. Kerrigan semble très concerné par la prostitution. Pour le prouver, il utilise un violoncelle, ce qui prouve bien. Sans un brin de sens du ridicule, il montre une femme opaque qui regarde la caméra droit dans les yeux quand elle se fait baiser par ses clients, la suit dans tous ses déplacements en essayant de donner un sens à chacune de ces actions (une prostituée qui achète un pain au chocolat, c'est poignant, bien sûr) et déploie toute une théorie sur le désir de maternité de la donzelle, et sur les rapports foutus d'avance entre icelle et un brave chauffeur de taxi. Si la morale politiquement correcte du film n'était déjà assez gavante, Kerrigan en rajoute une couche dans un montage qu'on croirait tiré d'un roman-photo (de gauche), et dans des rythmes allanguis et raides que même Ken Loach aurait trouvés trop. Son personnage, joué façon Actor's Studio par une Katrin Cartlidge aussi concernée que le cinéaste, ne tient pas la route : on a juste envie de la voir disparaître de l'écran une bonne fois pour toutes, pour qu'elle arrête de nous pondre ces mimiques de femme blessée mais forte. Littéralement énervant à force de fausse perfection, de populisme, de consensuel pâle, de pensée bien dans les marques, ce film devrait dans quelques années faire le même effet qu'un bon vieux Boisset aujourd'hui.