sciu3L’un des films fondateurs du néo-réalisme italien auquel Truffaut n’a sûrement pas été insensible en son temps.

Deux chtits cireurs de pompes (L’Italie, lors de la deuxième guerre mondiale est sous le contrôle des soldats américains qui s’appellent tous Joe) partagent la même passion, celle de faire du cheval ; outre le fait de passer leur journée les mains dans le cirage, ils n’hésitent pas à commettre quelques petits larcins, comme celui de vendre des couvertures américaines volées. Seulement, pris dans un traquenard, ils se retrouvent vite au gniouf – genre de prison pour enfants délinquants qui n’aurait pas déplu à notre ami Sarko -  et ils vont faire la dure expérience de l’effritement de leur amitié suite à plusieurs malentendus. La fin, sur fond d’échappée belle, est d’un tragique terrible. De Sica s’attache donc surtout à brosser le tableau de cette amitié mais également s’attache à de nombreux autres personnages de ce Prison Break adolescent : règlements de compte dans les douches, réception et distribution de colis,sciu1 maladies et malnutrition, séances de cinéma, … on a droit à la totale avec une caméra à l’affut des moindres gestes. Celle-ci se fait d’ailleurs très fluide, semble toujours en mouvement - tout particulièrement dans les scènes de rues au début - ce qui permet de donner un vrai dynamisme à l’ensemble et surtout ce fameux côté « réel ». Rien à dire sur la direction d’acteurs des enfants qui semblent toujours étonnamment à l’aise et dans leur élément, éternelles victimes de ce monde d’adultes (enfoiré de directeur de prison, sans concession) qui ne leur laisse aucune seconde chance. Le procès final montre bien d’ailleurs toute l’injustice dans laquelle baignent ces enfants, l’un pouvant se permettre d’avoir un avocat (gros numéro tonitruant) prenant 1 an, l’autre ayant un avocat commis d’office (genre hippopotame mort) prenant 2 ans et demi. Sans jamais peut-être atteindre la perfection du Voleur de Bicyclette ou d’Umberto D. (au niveau de la vibration de la corde sensible), De Sica signe un film sur les 400 coups de ces gamins et ses conséquences qui n’a pas pris une ride et annonce quelques 15 ans en avance la Nouvelle Vague. Sont forts ces ritals quand même.