TalkOfTheTownColmanGrantUne très belle idée de départ (salut Alfred), celle d’un homme soupçonné d’avoir incendié une usine et tué un homme, voué à la colère et à la vengeance du peuple (salut Saddam) qui parvient à s’échapper de prison. Il trouve refuge chez une ancienne collègue (Jean Arthur) et le Cary Grant, traqué, sur la défensive est plus que convaincant. On s’en frotte déjà les mains. Tout est réuni pour un huis-clos tendu comme un slip de nouvel an lorsque un homme de loi hautement respecté (Ronald Coleman), le nouveau locataire de l’endroit, qui était censé n’arriver que le lendemain bougre !, vient prendre possession de la maison. Cary est sur les dents, Jean ne sait plus où donner de la tête, Ronald est beaucoup plus stoïque que le clown de Mac Donald. Ce dernier est d’ailleurs contacté pour venir rejoindre la Cour Suprême des Etats-Unis : il passe sa vie dans les livres (la théorie monsieur) mais se retrouve rapidement confronté à Cary qui se fait passer pour le jardinier (l’homme d’action, man) ; si les deux passent leur temps à se prendre la tête sur les moyens d’agir, une certaine complicité s’installe entre les deux et on devine rapidement que l’homme de loi ne tardera pas à tendre la main à celui qui est promis à laa_20George_20Stevens_20The_20Talk_20of_20the_20Town_20Cary_20Grant_20Box_20DVD_20Review_20_20PDVD_006 vindicte et au lynchage populaire. Si le scénario est un peu cousu de fil blanc, les passages de comédie (voire vaudevillesques au début quand une armée d’hommes débarque dans la maison alors que le Cary se cache dans le grenier) ne sont guère plus réussis : Jean Arthur en fait des tonnes et tout le flegme du grand Cary ne suffit pas toujours pour emporter le morceau. La fin avec le Ronald qui tire un coup de pistolet dans la salle d’audience pour ramener le calme et présenter le vrai coupable est vraiment limite gros gros sabot avec son discours sur la Justice, pilier de la société ricaine et patati et patata, ploum ploum, on est en 42, les Ricains se préparent déjà à se voir les arbitres du monde – pour un peu qu’on voudrait être méchant. A cent lieues du gigantesque Mr Smith au Sénat où la fougue de James Stewart et la caméra virevoltante de Capra emportaient tout sur leur passage. Un film qui reste néanmoins plaisant mais po sûr qu’il ait fait rire le Saddam.