On m'avait prédit du gore. Alors, bien que pas passionné du tout par le premier opus, j'ai bien voulu jeter un oeil sur ce sequel. Mal m'en a pris. Je ne me permettrai aucun jeu de mot sur le patronyme du réalisateur de cette daube visuelle, ça va on l'a sûrement déjà fait, mais bon.

18446517D'abord, autant le dire : je n'ai rien compris au scénario. C'est comme ça, il y a des films que je ne comprends pas. Ne me demandez donc pas qui tire les ficelles du truc, je n'en sais rien. Mais il faut dire aussi que si le déroulement de l'histoire avait été un peu plus logique, j'aurais peut-être un peu mieux compris la fin. Là, on est dans l'invraissemblance totale. Un groupe de gens se trouvent enfermé dans une barraque piégée dans tous les sens. Ils ont quelque chose en commun, il faut qu'ils trouvent quoi (moi, j'ai trouvé dès le départ : ce sont tous de très mauvais comédiens). Et puis ensuite, il faut qu'ils trouvent comment survivre, sinon... eh ben sinon, ils meurrent, ah oui. Par contre, le tueur le dit clairement : "s'ils survivent, ils vivront". Bon. Bien sûr, ils ne survivent pas, et meurrent tous dans des convulsions atroces, des hectolitres de sang et de bruits visqueux, et des cris de poulet. Le dispositif du tueur est tellement hasardeux qu'on se demande bien comment ça marche d'ailleurs. Moi, vous me mettez une seringue dans une caisse pendue au plafond, j'y touche pas ; vous me dites de18446510 rentrer dans un caisson, vous pouvez courir. Les personnages, non, ils y vont, et dans le bon ordre. Ca arrange bien les affaires du criminel, sinon les petites cassettes qui parsèment son décor et que les gusses trouvent une à une auraient été assez ridicules ("Bonjour, Rico" - "Ah non, moi c'est Paulette, Rico est mort"...). Enfin, bon, ils y vont, et vas-y que je perds une main, et vas-y que je crâme tout vif, et vas-y que je me fais exploser la tête... Qui fait le malin tombe dans le ravin.

Si encore, au niveau de la mise en scène, il y avait de l'imagination, on pourrait dire qu'on s'en fout, de l'invraissemblance. Le film aurait pû être un rigolo exercice de style à la Chapeau Melon et Bottes de Cuir, disons. Mais là aussi, c'est d'une indigence affligeante. Pour faire monter le suspense, Bousman monte des "saccades" de plans à un rythme proche de la crise de nerfs. Donc, à chaque fois qu'un des personnages va mourir, on a 18446516droit à 8365 plans/seconde, ce qui, vous me direz, permet de savoir qu'un des personnages va mourir. Même dans les moments de haute tension psychologique (le tueur fou qui manipule le flic (avec des méthodes de CE1, regards en dessous, sourires zen, diction lente (le flic fonctionne à fond))), les plans se multiplient. Le truc, c'est : on filme une fois le flic qui réfléchit, puis on le refilme en négatif, puis encore une fois on le refilme en image tremblée, on te monte tout ça sur une demie-seconde et avec des bruits de foudre ou de porte, et emballé c'est pesé. C'est moche et ça fait même pas peur.

Oublions le casting, à côté les acteurs de Lost, c'est l'Actor's Studio. Oublions aussi la lumière glauque (je rêve d'un film d'horreur qui aurait lieu dans une splendide villa en plein jour). Oublions tout le reste. Oublions Saw II.